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J’ai le « mal de ville »

L’automne, c’est ma saison nostalgique. Faut croire que de voir les feuilles changer de couleur et débuter leur nouveau cycle en préparation de l’hiver, ça a le même effet qu’un film souvenir sur mes émotions. Je repense aux bons moments du passé qui ne reviendront jamais, au temps où tout était simple et qu’on n’avait pas de devoirs d’adulte. Je repense aux gens, aux paysages et aux odeurs. Ça me fait autant de bien que ça me fait du mal, parce que je me dis toujours que j’aurais dû en profiter plus quand c’était le bon temps.

Je viens d’entamer un nouveau chapitre de ma vie : la petite fille de la campagne que j’étais se retrouve en ville pour une durée indéterminée, pis elle capote. Elle capote raide, mais pas un bon « Je capote, c’est génial! » mais plutôt un « Je capote, je veux ma mère et pleurer! ». Tu vois le genre? Je suis déménagée pourtant parce que je le voulais bien, j’ai eu une opportunité pour une nouvelle job attrayante, j’allais rejoindre mon copain et j’étais prête à relever de nouveaux défis.

Je connais bien la ville, j’y ai déjà habité dans le passé pour mes études, mais le fait qu’il y avait une date de fin, que je savais que je reviendrais à mon ancienne vie, celle dans laquelle j’étais 100% à l’aise, ça me rassurait. Là, je suis en processus pour commencer une nouvelle vie pis je me sens prisonnière, en train de suffoquer et sur le point de craquer.

Je suis en train de pogner ce que je vais appeler « le mal de ville »! J’étais familière avec mes petites habitudes de la campagne, je sortais dehors, je respirais un grand coup et l’air était pur. En ville, mes poumons ne veulent même pas coopérer, l’air est pesant. En campagne, j’ouvrais ma porte et je voyais des arbres, de la verdure, des champs, des animaux sauvages, j’entendais les oiseaux et les insectes mener leur train-train quotidien. Tandis qu’en ville, j’ai la vue sur des blocs de condos froids, gris pis laids, j’entends les voisins chialer, les voitures rouler vite… C’est tout sauf reposant. Il y a de la pollution visuelle et sonore, alors qu’en campagne, c’est le calme et c’est majoritairement des champs, de la forêt, des cours d’eau et quelques jolies cours arrières remplies d’animaux. C’est vraiment cute et serein.

Je me sens ivre de toute cette activité humaine autour des boutiques, dans les rues et à côté de chez moi. C’est comme si j’étais toujours lendemain de veille, à me demander pourquoi j’ai autant bu, sauf que je recommence pareil. Je suis prise au piège dans la même routine, avec un stress constant au-dessus de ma tête, à vivre ma vie de manière effrénée.

Voilà comment mon adaptation de la campagne à la ville ce fait en ce moment.

J’ai de la difficulté à saisir ce que les gens trouvent aux banlieues, mais après, je me dis qu’ils doivent se dire la même chose de nous avec nos campagnes. J’imagine qu’il faut l’avoir vécu pour comprendre ce qu’on peut éprouver à l’égard d’une ville urbaine versus une ville rurale. Je tente de m’acclimater, j’essaie de sortir et de trouver les petits espaces de vert de la ville, j’essaie tant bien que mal de vivre l’automne alors que je ne croise presque plus d’arbres.

Parce que l’automne, c’est ma saison. C’est ma saison nostalgique pis ça me fait rappeler tous mes meilleurs moments à la campagne, ça me fait rappeler à quel point j’étais bien là-bas. Mon 3 et demi me fait revenir à la réalité assez vite, pis je suis là, à me demander si je vais arriver un jour à trouver ma place en ville.

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