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Réseaux sociaux : une téléréalité dont vous êtes le héros

Vous souvenez-vous de la première fois où vous vous êtes connectés sur Facebook ? Ou bien la première fois que vous avez configuré votre MySpace ? Aujourd’hui, à l’aube d’une nouvelle décennie, on est loin des balbutiements de blogues du début des années 2000. Vous souvenez-vous de ce qu’était la communication avant l’apparition de ces machines qui prétendent rapprocher les gens ? Vous souvenez-vous de la dernière lettre manuscrite rédigée de vos mains ? Probablement que quelques-uns d’entre vous n’en ont même jamais écrit.

Avant, aussi, on appelait les gens. Si la personne n’était pas là ou qu’elle ne voulait tout simplement pas décrocher le combiné, elle ne répondait pas. On laissait (peut-être) un message et devinez quoi ? On n’en faisait pas un cas !


Crédit photo: Andréanne Dufresne

Maintenant réfléchissez à quand on vous laisse sur « Vu ». Dans la majorité des cas, les gens se sentent inconfortables à l’idée que quelqu’un ne réponde pas immédiatement.

 « J’ai vu que t’étais online sur Facebook, c’est sûr que t’as vu que je t’ai écrit ! »
« J’pense qu’il m’aime pu, il a vu mon message il y a 20 minutes et il ne m’a toujours pas répondu… »
« Ouais, mais j’ai vu que t’étais actif sur Messenger pi Instagram, pourquoi tu m’as pas répondu ? »

Parce que. Voilà pourquoi. Parce que des fois, aussi étrange que cela puisse paraître, les gens apprécient vivre dans un monde qui n’est pas instantané. Des fois, les gens aiment bien avoir leur bulle, leur havre de paix, et, des fois, ils aiment bien que leurs écrans ne deviennent pas des fenêtres sur leur petit monde, sur leur cocon.

Cette fenêtre donne un côté pervers et voyeur à ces réseaux qui, à la base, devaient donc améliorer les communications humaines. Une amélioration ? En quantité, probablement… en qualité ? Ça reste à voir.

La vie privée a pris une tout autre définition. Ce qui se retrouve sur Internet y est pour rester. Avec ces nouveaux modes de communications, on tend à donner une tribune à notre quotidien alors qu’auparavant notre vie privée restait privée. Nous sommes devenus des personnages de téléréalité dont vous êtes le héros et ça n’a rien de bon.

Quelqu’un d’actif sur les réseaux sociaux aura une obligation, selon son entourage, de nous parler des détails de sa vie alors qu’au fond, la journée où ça ne lui tente pas de s’expliquer sur la place publique, c’est sa décision et personne ne peut lui en vouloir pour ça. Il a commencé à parler d’une situation dans une Story Instagram et soudainement il n’en parle plus publiquement ? Il a ses raisons et son entourage ne doit pas lui en vouloir de ne plus alimenter leurs besoins pervers d’informations autrefois privées.

De nos jours, des gens se choquent parce que certaines personnes cessent d’approvisionner leur besoin de voyeurisme. Qu’une personnalité plus ou moins publique décide de ne plus partager son quotidien avec des milliers de personnes qu’elle ne connaît pas, ça ne devrait regarder personne.

Il faut cesser de penser que tous nous doivent tout de leur vie. Ce n’est pas parce qu’on a accès à quelque chose que c’est nécessairement une bonne idée de l’utiliser. Un retour aux sources nous ferait le plus grand bien. Un retour à un monde loin de l’instantané, loin du stress de l’immédiat. Un monde où la lenteur est recherchée, bienvenue.

Bref, revenir à un monde où nous coupons la source de cette téléréalité et où on prend le temps de prendre le temps.

Crédit photo: Marc Schaefer

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