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Ça veut dire quoi être un adulte?

12 septembre 2018 : j’ai 25 ans. Je suis désormais une adulte, puisque, dans ma tête, je quitte officiellement la catégorie «jeune adulte». Aussi, j’ai terminé mon BAC en service social depuis quelques mois. ENFIN. J’ai donc décidé de fêter ces deux événements en rassemblant tout mon monde. Mes ami.es, ma famille. Je venais de terminer deux grosses étapes significatives pour moi et je ressentais le besoin d’en faire quelque chose de plus grand.

12 septembre 2019 : j’ai 26 ans. Ouf.. c’est rough. Je n’ai pas envie de souligner mon anniversaire cette année. Je suis une adulte. Officiellement, je me situe de plus en plus près du 30. Bon, ici je ne suis pas en train de me plaindre ou dire que je suis vieille, je parle simplement du fait que j’ai ressenti une grosse boule dans la gorge au matin de mon anniversaire cette année. Je vieillis, je suis une adulte et ça me donne le vertige…

Je me suis sentie adolescente jusqu’à environ 18 ans. Probablement à cause de mes études et de ma job à temps partiel. Ensuite, je me suis définie comme une jeune adulte jusqu’à mes 25 ans. Pas à 100% adulte encore. Je ne me considérais pas comme stable, comparativement à mes ami.es. Sauf que là, j’ai 26 ans. Outch. On dirait que, dans ma tête, à 26 ans, tu deviens une VRAIE adulte. Et, quand on devient adulte, on nous enseigne à avoir une famille, une job, une maison, une vie stable et rangée autour de ces âges-là.

Alors, le 12 septembre passé, mon premier réflexe a été de me dire : crime j’ai 26 ans mais je n’ai ABSOLUMENT rien d’une adulte. Résultat : je me suis soudainement sentie en retard sur les autres, envieuse de mes amies autour de moi, loin d’arriver à mes rêves et mes projets…et surtout, seule. Cette journée-là, j’ai ressenti beaucoup de solitude et ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas été aussi lourde.

Dès les premières minutes de mon anniversaire, j’étais avec une amie qui s’est empressée de me souhaiter joyeux anniversaire. Nous avons donc discuté de mon feeling et de comment je me sentais loin de mes objectifs. Je lui disais à quel point que l’an dernier, à mes 25 ans, j’étais épanouie et que j’étais fière de la façon que je vieillissais. J’avais délaissé une partie de mon passé, travaillé très fort pour évoluer et retrouver un sentiment de bien-être. J’y étais parvenue. J’étais au summum de ma forme l’an dernier. Alors que cette année, vieillir m’a rentrée dedans. Voir mes 30 ans arriver de plus en plus vite, alors que je ne me rapproche pas du tout de certains de mes projets m’ont ramené dans un sentiment d’urgence et de peine.

Alors que j’élaborais sur mes états d’âme, mon amie m’a dit :

«Vaness, tu es mieux avec toi-même, avec ce que tu es, plus que ben du monde. Niveau développement personnel, tu as fait tellement de chemin. Tu as ta carrière. Celle qui te fait tripper. Tu te réalises dans pleins de choses et tu entretiens pleins de projets. Tu sais mieux que personne ce que tu veux et tu mets tout en œuvre pour l’obtenir. Tu sais très bien où tu veux aller. Non, tu n’as peut-être pas rencontré le tien et tu n’as peut-être pas d’enfants, mais au final, oui, tu as la maturité d’une adulte plus que bien des gens autour de nous et ça vaut tout le reste, car tu es une adulte qui grandit en étant bien dans ce qu’elle est.»

Alors ça m’a frappée. La pression sociale a eu raison de moi aussi. Au final, ça veut dire quoi être un adulte ? Selon Le Petit Robert [2002], un adulte :

«Se dit d’un être vivant qui est parvenu au terme de sa croissance.[…]  Âge adulte chez l’homme, de la fin de l’adolescence au commencement de la vieillesse. […] Parvenu à son plein développement.»

Quand je pense à ça, cette définition-là parle de la fin. Un accomplissement et le commencement du vieillissement. Je ne suis pas d’accord avec ça, qu’un adulte est quelqu’un qui est parvenu à son plein développement. Au contraire, on se développe chaque jour et tout au long de notre vie. Je n’ai pas de projet bébé, pas de chum, pas de maison, mais, ça me va parfaitement. Au final, je me sens bien avec l’idée. Je me jugeais à travers la société. À travers son regard. Ses attentes. Pas mes envies. Mes désirs. Mes projets. Car pour moi, devenir une adulte, ça se passe à l’intérieur de soi. C’est se développer et aimer ce qu’on découvre. C’est d’être de mieux en mieux avec soi et prendre des décisions en fonction de nous. Un adulte, ce n’est pas de répondre à toutes ces attentes sociales, mais bien de comprendre les nôtres.

Source de la couverture

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