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Le bon

Peu à peu, la musique devint plus forte.

La douce mélodie des violonistes commença à caresser les esprits des 150 personnes se trouvant au centre de l’église.

Les portes se sont finalement ouvertes. À travers la lumière quasi aveuglante du soleil, deux silhouettes apparurent.

Mon amie d’enfance se mit à marcher lentement, serrant le bras de son père. Elle regardait alors droit devant elle, admirant celui qui allait devenir son mari dans les prochaines minutes.

Doucement, une larme commença à s’esquisser au coin de mon œil. Un sourire se dessina sur mes lèvres. Mon cœur se mit à se serrer. De mon petit coin d’église, je pouvais ressentir l’immense amour qui régnait partout dans la gigantesque pièce.

C’est fou à quel point l’amour peut être contagieux.

Je sentis une main serrer la mienne, alors que les larmes de bonheur se mirent à couler plus amplement sur mes joues roses.

Mon mien. Mon homme. Mon petit roux qui sait faire chavirer mon cœur sans cesse.

En admirant mes amis d’enfance se dire oui, je me suis surprise à rêver un brin.

« Est-ce que bientôt, ce sera mon roux et moi qui sauront remplir une pièce complète d’amour aussi contagieux? »

Mon sourire devint encore plus grand.

Je me suis toujours demandé, lorsque j’étais jeune, ce que « trouver le bon » signifiait réellement. Si « trouver le bon » existait vraiment. Je posais des questions aux gens autour de moi, ceux qui avaient des années, des décennies d’amour en banque.

On me disait toujours : « Tu vas voir, lorsque tu vas le rencontrer, tu vas le savoir. C’est aussi simple que ça. »

Je trouvais ça vague. Trop vague. Mon côté cartésien n’était pas satisfait de la réponse. Je voulais plus. Des statistiques, un diagramme de Venn, un graphique à ligne brisée, des chiffres. Quelque chose.

Ça m’a pris 27 ans pour comprendre. Pour comprendre qu’effectivement, aucune liste Pros and Cons à la Rory Gilmore ne pouvait répondre à la question.

Ça m’a pris le bon pour comprendre.

Ça m’a pris celui qui a su Ctrl + Alt + Del toutes ces cicatrices émotionnelles d’antan, issues de dates Tinder qui n’en valaient pas la peine. Issues de ces espoirs de pouvoir bâtir quelque chose de solide d’une relation qui était fondamentalement brisée et compliquée.

Ça m’a pris celui qui a su amener à ma vie légèreté et magie quotidienne. Celui qui me fait rire constamment. Celui qui ne me laisse pas sortir du lit le matin sans avoir passé 10 minutes enfoui dans mon cou, les bras autour de mes hanches. Celui qui me dit tous les jours qu’il est fier de moi. Celui qui me pousse à devenir la meilleure version de moi-même.

C’est vrai que c’est simple, dans le fond.

Mes amis qui se disent oui sous mes yeux à l’instant, ils avaient raison.

Quand tu le rencontres, tu le sais.

Crédit photo : Joen Patrick Caagbay pour Unsplash

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