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Apprendre à vivre seul.e

La première fois que j’ai vécu seule en appartement, j’avais 19 ans. Je venais de quitter la maison familiale en banlieue de Montréal pour entreprendre des études dans la capitale nationale. Un petit 230 kilomètres me séparait alors de mes amis, de mes sœurs et de mes parents. Puis, trois ans plus tard, à la suite d’une séparation, je me suis de nouveau retrouvée à vivre seule. À ce moment-là, c’est vers la métropole que je me suis dirigée.

Bien que les circonstances entourant mes deux déménagements étaient différentes, les défis de la vie en solo restaient relativement les mêmes : gérer la solitude, se motiver à prendre soin de soi, apprendre à se connaître et à s’aimer soi-même… En effet, il s’agit d’apprentissages constants qui ne sont jamais vraiment acquis. J’estime néanmoins être parvenue à m’habituer à la situation et même à y avoir trouvé un certain confort.

Étant donné que j’éprouve une certaine fierté d’avoir réussi à me créer une bulle agréable, je vais me permettre de jouer la coach de vie le temps de vous partager mes cinq grands conseils pour la vie en solo. C’est parti!

1. Prendre conscience des avantages

Vivre en colocation est aussi synonyme de devoir dealer avec les habitudes de vie et d’hygiène d’autrui. Il fût un temps où je vivais avec un fantôme dont je ne pouvais ignorer la présence, soit un coloc constamment dans sa chambre, mais qui laissait des traces de son passage lors de ses rares sorties dans les autres pièces de l’appartement. Et là, je ne parle non pas d’une assiette sale abandonnée sur la table de cuisine, mais bien des vestiges de ses rinçages nasaux quotidiens dans le lavabo de la salle de bain. Désormais, le seul bordel que je subis, c’est le mien! Les autres avantages incluent aussi de bénéficier de tout l’espace dont j’ai besoin dans le congélo, que ma tasse préférée soit toujours disponible quand j’ai envie de boire un chocolat chaud, que je puisse écouter la musique que je veux, aussi fort que je veux, quand je veux, et j’en passe. Il n’est maintenant plus nécessaire de faire des compromis dans mon petit royaume.

2. Se découvrir de nouveaux loisirs

Vivre seul.e veut également dire avoir plus de temps libre, car la plupart des moments passés chez soi sont préalablement inoccupés. Personnellement, j’avais toujours aimé gamer et c’est seulement lorsque j’ai emménagé dans mon nouvel appartement que j’ai vraiment réaffirmé cette petite passion. Certes, il s’agit simplement d’explorer les divers passe-temps possibles tels que la peinture, la photographie, le mixage audio, la mode, le DIY, etc. J’aurais aussi pu m’inscrire à n’importe quelle ligue de sport, atelier artistique ou activité diverse. Je tiens d’ailleurs à faire une petite parenthèse pour rappeler qu’évidemment, la pratique d’un sport est bénéfique pour la santé physique et mentale, donc vivement recommandée. Or, les loisirs permettent de s’amuser, mais aussi d’acquérir ou de développer certaines compétences. En plus, on insère à notre horaire une activité récurrente, laquelle aide à saisir le temps qui passe. Ça, et la vie sociale qui vient avec. On y arrive dans le prochain point.

3. Maintenir ou développer une vie sociale

En tant qu’extravertie, j’ai besoin de voir des amis pour faire le plein d’énergie. La séparation et le déménagement ont été pour moi de belles occasions de reprendre contact avec des gens que j’avais un peu mis de côté. En effet, offrir à des amis ou de la famille d’aller dîner ou boire un café permet de se mettre à jour sur les nouveautés et de renouer des liens. Puis, advenant le cas où l’on ne soit pas préalablement entouré.e, il suffit de s’impliquer ou de s’inscrire à de nouvelles activités pour faire des rencontres. Pour ma part, ça aura été de participer au club social du Pub Ludique près de chez moi et de faire de l’escalade avec un collègue après le travail, mais n’importe quelle activité mentionnée dans le paragraphe précédent vient rejoindre cet objectif. J’ajoute à ce point les bénéfices d’inviter des gens chez soi. Quoi qu’on en dise, une petite soirée de jeux de société ou encore un party thématique sont de belles occasions de réunir les gens, s’obligeant ainsi à rendre le milieu cosy et invitant, et créant du même coup des souvenirs pour apprendre à chérir l’endroit.

4. Adopter un animal ou des plantes capricieuses

Parlant de chérir l’endroit, il est plus facile d’y parvenir lorsqu’on sait que quelque chose nous y attend à la fin de la journée. Avant, je voyais mon appartement comme un lieu où je devais retourner et non un foyer auquel j’avais hâte de revenir. Ce qui m’a aidé à changer la perspective que j’avais de mon chez-moi, c’est mon chat. Parce que j’avais toujours hâte de le voir et de l’entendre ronronner, parce que quelqu’un m’attendait à la maison le soir venu, parce que le fait de prendre soin de lui me donnait l’impression d’être en contrôle malgré tout. J’imagine toutefois qu’une plante ferait aussi bien l’affaire, considérant que les animaux de compagnie représentent une très grande responsabilité et que plusieurs proprios les refusent totalement. Lorsque je parle des plantes, j’insiste sur le mot capricieuses, car si c’est le genre de plante qui va survivre même si elle est abandonnée trois semaines, on passe tout droit à côté de l’objectif. Bref, c’est de se donner une bonne raison de rentrer à la maison.

5. Se donner des objectifs

En vivant seul.e, on prend tranquillement conscience de ses défauts et ceci est un avantage en soi. Je blâmais mes colocs pour la saleté ambiante, mais maintenant que je n’ai plus personne pour me servir de bouc émissaire, je ne peux que constater à quel point je suis bordélique. Je parlais ensuite de faire du sport, c’est que les nouveaux départs sont toujours de bons moments pour développer de nouvelles habitudes. Tous ces petits éléments peuvent être travaillés, ce qui renforce les sentiments d’efficacité et d’accomplissement et comble un peu de temps lorsqu’on en a trop. Dans cet ordre d’idées, un habit tracker peut s’avérer un bel outil, lequel permet entre autres de faire le suivi. Puis, le fabriquer est une belle activité en soi (t’sais, quand on parlait de se découvrir des loisirs). Il n’y a cela dit pas de bons ou de mauvais moments pour apprendre de nouvelles choses et se débarrasser de ses mauvaises habitudes, mais le faire tandis que personne ne peut nous déconcentrer reste un facteur qui met les chances de notre côté.

En conclusion, il s’agit des cinq principaux trucs qui ont fonctionné pour moi, mais il en existe plusieurs autres, dont certains qu’il me reste à développer. En effet, apprendre à cuisiner pour soi, créer une ambiance et décorer son appartement en font partie. Dans tous les cas, il suffit de faire confiance au temps et de se faire confiance à soi-même. Se bâtir un nid n’est pas instantané, c’est un processus. Mais, c’en est un qui en vaut réellement la peine.

Source : Unsplash

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