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Le grand secret

Le grand secret qui nous unit, toi et moi, dans la chaleur de l’aube et la moiteur de nos lèvres, dans le clair-obscur qui recouvre nos corps au crépuscule, d’où je devine chaque centimètre de ta silhouette qui danse devant mes yeux, comme les feuilles d’automne qui se détachent des arbres en tournoyant au gré du vent, il n’est secret que pour les autres, car il est nôtre. Il n’appartient à personne, même pas à la vie, qui, depuis longtemps, a confié les siens à l’invisible, mais qui nous a laissés le soin d’en créer un, afin d’y vivre et d’arrêter le temps dans chaque moment passé à le façonner.

Je n’ai appris que peu de choses qui ne doivent être remises en doute, que peu de certitudes autres que la fin de nos corps mortels et l’amour comme seul salut de l’âme. Je souris encore quand je t’entends dire que l’on naît puis que l’on meurt, et qu’entre les deux, les plus chanceux d’entre nous mêlent leurs corps sous le regard du clair de lune, ou des premiers rayons du soleil.

Je m’en veux parfois d’être incapable de me jeter dans les bras de la foi et d’y complaire ma raison dans ses voies spirituelles, qui confèrent l’humanisme entre les mains d’un dessein déjà écrit et dont les codes ne requièrent aucune trivialité. Peut-être suis-je en quête de ce qui est déjà sous mes yeux et que je fasse fausse route, alors que nombre de philosophes contemporains arrivés au bout de la leur condensent celle-ci autour de l’amour. Le temps n’a de valeur que dans l’éphémère qu’il nous accorde; l’amour également.

Malgré tout, malgré ces questions qui demeurent sans réponses, pour le meilleur ou pour le pire, je ne peux qu’en ressentir une profonde sérénité que la curiosité, l’ouverture d’esprit et la découverte continuent d’apporter dans leur sillage, comme si chaque regard ajoutait un trait de pinceau à cette magnifique toile dont la vie nous a fait cadeau.

Je n’ai jamais la certitude de quoi demain sera fait, mais quand tu déposes ma main sur ton cœur, que tu y joins la tienne, que tu te fonds dans mes bras comme si tu voulais pénétrer ma chair et toucher les soubresauts de mon âme, j’ai la certitude que l’amour devient notre raison, notre secret, notre dernier rempart, et qu’il nous délivre du mal.

Par Simon Guérard

Source photo de couverture

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