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Le mariage vu de l’étranger

Cela fait déjà plus de deux mois que je vis en Angleterre. Une des choses qui m’a le plus marquée, c’est la popularité du mariage ici comparativement au Québec. Évidemment, je suis consciente que la réalité n’est pas uniforme partout au pays, et que l’adhésion à cette institution dépend beaucoup du milieu dans lequel on évolue. Toutefois, d’après mon expérience personnelle, je constate que le mariage est socialement beaucoup plus encouragé au pays des Beatles que chez nous.

Quelques jours après mon arrivée, je vis déjà une situation qui témoigne de la place qu’occupe cette institution sociale en Angleterre. À la rentrée administrative des membres du personnel, l’une des premières choses qui a été mentionnée, c’est la liste des mariages qui ont eu lieu durant l’été, et les changements de nom que cela a occasionné. En effet, en Angleterre, la plupart des femmes mariées prennent le nom de famille de leur mari et se font appeler Mrs (madame) plutôt que Miss (mademoiselle). Une telle scène aurait été impensable au Québec, car depuis 1981, les époux se doivent de garder leur nom respectif1. Aussi, on utilise le titre de civilité Madame pour toutes les femmes (du moins à partir d’un certain âge), sans nécessairement que la personne concernée soit mariée.

En Angleterre, cette distinction entre le Miss et le Mrs met l’accent sur le statut marital des femmes. Ainsi, dans un milieu de travail comme une école, tout le monde sait si une employée féminine est mariée. Dans un contexte où la plupart des femmes ont la bague au doigt, cela peut mettre une certaine pression sur les autres pour se conformer à la norme. Par exemple, l’une de mes collègues, qui a fait le choix de ne pas se marier, s’est fait demander par des élèves pourquoi elle et son copain ne s’épousent pas. Évidemment, il n’y avait pas de mauvaise intention derrière ce questionnement, mais il reste que cela illustre à quel point cette tradition est encore bien ancrée dans leurs moeurs.

Les anecdotes racontées ci-haut sont cohérentes avec les données statistiques pour les deux pays. Au Québec, peu de gens se marient: on parle d’environ 28% des hommes et 31% des femmes qui le font au moins une fois avant l’âge de 50 ans2. C’est pour ainsi dire très peu, surtout qu’en Angleterre, le mariage reste le modèle dominant, bien que l’on observe une tendance à la baisse3.

En somme, partir vivre à l’étranger m’a permis de constater à quel point le mariage a socialement moins d’importance au Québec, du moins par rapport à l’Angleterre. Par conséquent, je pense que l’on ressent moins de pression pour contracter un tel engagement, surtout pour les femmes. Toutefois, il ne faut pas prendre à la légère le fait de ne pas se marier (ou de ne pas faire de contrat de vie commune), car les conjoints de fait ne sont pas automatiquement protégés sur le plan légal, ce qui peut parfois causer certains problèmes.

Bref, il y a des avantages et inconvénients concernant la situation de chaque pays.

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de la couverture

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