Menu

Moi aussi, je suis une jeune adulte

Quand j’étais plus jeune, je voyais les adultes de haut. Je pensais qu’à une certaine étape de ma vie, mes problèmes allaient être réglés, que je ne serais plus perdue, pis que mon chemin se serait enfin tracé. Je me disais qu’à 25 ans, je me lèverais le matin et que je me demanderais quelle maison j’allais acheter.

J’ai eu 24 ans ce mois-ci, et je ne suis pas près du tout de cette idée-là. Je finis l’université cette année, oui, mais clairement, je ne me considère pas comme ‘’l’adulte’’ que je me voyais. Et je ne suis pas la seule. 

Avez-vous remarqué que l’intervalle des jeunes adultes était, il y a quelques temps, entre 18-25 ans et que maintenant, il tend plus vers les 18-35 ans?

On cherche à se défaire du chemin tout fait. On ne reste plus dans des conditions qui ne nous conviennent pas. Comme retourner à l’école à 40 ans. Ouvrir son mariage, qui dure depuis 20 ans. Se remettre en question, souvent. 

Les gens agissent plus pour eux et moins selon ce qu’on leur dit de faire. Et si on compare à la définition de l’adulte, on peut comprendre pourquoi la catégorie des «jeunes adultes» s’élargit. 

Selon Larousse, un adulte est quelqu’un qui :

  • Est parvenu au terme de sa croissance, à son plein développement.
  • Fait preuve d’équilibre, de maturité (par opposition à infantile) : un comportement adulte.

Mais si être adulte, c’était seulement le fait d’accepter qu’en tant qu’humain, dans un monde en constant changement (et très rapide), il n’y a jamais de terme à notre « plein développement »? Et si c’était seulement le refus de se cambrer dans une catégorie qui stagne dans le temps? Et si c’était de se laisser la liberté de changer, plus tard?

L’âge apporte plus d’expérience, mais je ne crois pas que c’est réellement ce chiffre qui change les choses. Parce que malgré les expériences vécues, ça ne veut pas dire que les gens en ont vraiment retiré quelque chose. On n’évolue pas tous au même rythme et nos réactions/réflexions sont différentes face à celles-ci. 

Je me mettais tellement de pression sur la vie d’adulte. À quel point je devais avoir régler tous mes problèmes avant de commencer à vivre ma vie. Comme si je n’étais pas assez ‘’adulte’’ pour vivre ma vie. 

C’est en côtoyant des gens de tous les âges que j’ai fini par arrêter de catégoriser selon ce chiffre. Et si finalement, l’âge n’avait pas d’importance? Qu’au final, mon amie du secondaire soit rendue à 2 enfants et une maison et que mon autre amie vient de recommencer une technique au Cégep, pis que dans les deux cas, il n’y a en pas une qui est ‘’en avance’’ ou ‘’en retard’’ sur son temps?

Et si on arrêtait juste d’avoir des étapes prédéfinies aux âges? Accepter qu’on est tous dans le même bateau, pis qu’au final, on n’est peut-être pas plus « adulte » maintenant qu’il y a 5 ans, mais qu’on est sûrement un peu plus nous-mêmes.

La définition d’adulte aujourd’hui devrait plutôt être : « Le moment dans la vie d’un individu qui débute lorsqu’il a conscience et accepte qu’il vit dans un monde en constant changement et qu’il en sera influencé. »

Tu ne seras pas plus ou moins adulte parce que tu te sens en décalage par rapport à ton entourage et ce qu’ils ont accompli à ton âge vs toi. Tu ne seras pas moins adulte parce que tu fais des erreurs et que tu te perds en chemin, et tu ne le seras pas plus parce que t’as eu un chemin parfait. Je pense qu’on devient réellement adulte quand on acquiert la maturité pour accepter que les trucs puissent changer, pis que ça ne fait pas qu’on dévie d’un chemin particulier, mais simplement que c’est ça la vie. 

Source

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2019. Tous droits réservés
Une réalisation de