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Leçon d’humanité

Je ne suis pas celle qui parle fort et qui a le plus de facilité à exprimer sa colère et son sentiment d’injustice. Ça me frappe de constater à quel point certaines personnes restent insensibles à la misère humaine ou à l’erreur humaine. L’ouverture face à la différence est encore trop limitée dans notre société. Je pense entre autres aux différentes maladies mentales qui affectent certaines personnes. Ces maladies qui empêchent d’être soi-même et qui causent beaucoup de dommages quand elles ne sont pas traitées.

Personne n’échappe à la noirceur et à ses démons au cours de sa vie. Si quelqu’un te dit qu’il n’a jamais causé de tort ou blessé quelqu’un, je t’annonce que cette personne ment ou est profondément dans le déni. De la laideur, on en a tous dans le cœur.

Je m’excuse, mais… j’envoie chier publiquement les putains de statistiques qui désinforment, mettant tout le monde dans des cases étouffantes. Les chiffres, ça n’explique rien sauf rationaliser là où l’on a besoin d’humanité.

J’vais vous montrer à quel point une statistique peut être menteuse et trompeuse :

Chaque être humain possède en moyenne 1 testicule.

Les statistiques, on les moule à ce qu’on souhaite revendiquer et l’on peut facilement entrer dans le piège de s’y fondre. On s’inclut dans celle-ci quand cela fait notre affaire.

C’est pareil pour les recherches. Les gens croient à tort que les toxicomanes et les alcooliques sont responsables de leurs malheurs même si les études prouvent de plus en plus que c’est réellement une maladie génétique. Mais qui veut contribuer financièrement aux recherches à ce sujet si la majorité croit faussement que ces personnes se sabotent volontairement? Pourtant on aurait intérêt à financer ce genre d’études, pour notre bien commun.

Ahhhhhh, honte à notre fermeture d’esprit!

Honte à la peur de se regarder honnêtement pour comprendre qu’on finit toujours par avoir besoin de quelqu’un. Évoluer et cheminer, c’est impossible à faire seul.e.

Le plus grand paradoxe de la vie c’est qu’apprendre à s’aimer soi-même, apprendre à être bien avec soi, c’est ensemble qu’on fait ça.

C’est ensemble qu’on se rapproche le plus de sa vérité et de son identité. C’est ensemble qu’on réalise la sévérité qu’on s’impose individuellement, et donc, collectivement.

La vérité, c’est que chaque être humain a le pouvoir de s’en sortir si on décide de lui donner ne serait-ce qu’un minimum de considération. L’univers est tellement grand, c’est lourd à porter quand quelqu’un perçoit qu’il n’a sa place nulle part.

C’est prouvé scientifiquement que les émotions comme la compassion, la bienveillance et l’accueil (des exemples concrets du concept de l’amour) ont une capacité énorme sur le développement d’une bonne santé mentale et physique quand elles sont vécues et partagées quotidiennement dans un groupe. Les études démontrent à ce jour que ces valeurs intégrées à l’éducation des enfants permettent de développer une forme d’intelligence beaucoup plus prometteuse pour l’humanité.  Aller lire sur la bienveillance éducative, c’est réellement fascinant (exemple).

Avoir un mode de vie qui intègre ces valeurs permet d’être beaucoup plus sensible à l’égard de l’autre, de se sentir en sécurité, de sentir qu’on a notre place dans cet univers beaucoup trop grand. Se connecter à l’autre permet la reconnexion même au niveau du cerveau, qui, soit dit en passant, est l’organe moteur du siège des émotions.

Pour revenir à ce que je dénonçais, ce qui détruit les gens, ce qui les enfonce davantage dans leurs souffrances, c’est le contraire des valeurs énoncées plus haut, soit : les stéréotypes, les jugements préconçus et l’indifférence.

Les plus grands souffrants de ce monde sont ceux qui ont le plus grand besoin d’amour, et c’est pourtant eux qu’on se permet de mettre facilement et rapidement à l’écart au travers des jugements préconçus.

On se cache trop facilement derrière le masque du fuyant en se faisant croire qu’on a tout fait pour aider son prochain. Je veux ici apporter un éclaircissement : il ne s’agit pas de s’oublier en aidant l’autre, j’énonce plutôt l’importance de se rappeler le principe suivant : quand je souffre, qu’est-ce qui me fait du bien?

Il s’agit ici de se voir, de se considérer et de se construire dans le support qu’on donne à l’autre. Parfois, simplement demander : qu’est-ce que je peux faire pour t’aider aujourd’hui?

Si l’on est incapable de donner ce que l’autre nous demande, offrir sa présence ou son écoute aide énormément. Ne pas oublier qu’il n’est pas interdit de mettre ses limites dans le processus de venir en aide à quelqu’un, il est même essentiel.

On ne demande pas de tout abandonner pour l’autre ou de le porter, mais de montrer qu’on est là et que l’aide existe réellement. De sonner une cloche que même s’il ne veut pas s’aider, nous serons là quand il décidera de le faire. De partager avec lui ce qui nous a aidé dans nos propres moments de noirceur, germer la graine de l’espoir dans la conscience de la personne qui souffre, ça a un pouvoir immense.

Ce qui fait réellement mal, en voyant quelqu’un souffrir, c’est l’humanité en nous qui est consciente qu’on ignore volontairement son prochain ou qu’on a l’impression qu’on ne peut rien faire pour l’aider.

Ce n’est pas l’amour qui détruit le monde, c’est plutôt le manque d’amour, c’est de ne pas s’aimer. Je mets en lumière ce texte de Stéphane Laporte : S’aimer.

Je vous laisse sur cet extrait tiré du livre La leçon de Rosalinde, écrit par Mustapha Fahmi, qui résume bien ce que j’ai envie de vous transmettre :

« L’être humain peut-être petit à l’occasion, mais l’humanité en lui est grande. Si nous acceptons ce principe, deux options s’offrent à nous : ou bien traiter les gens à leur propre hauteur, et risquer de descendre à leur niveau s’ils sont petits; ou les traiter à la hauteur de leur humanité, qui est toujours grande. Nous ne pouvons que grandir avec eux. »

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