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Avoir l’automne qui rentre dedans

Ça y est, y fait noir à 16h.

C’est l’heure des gants magiques et des combines sous les jeans qui a sonné.

L’automne, c’est ma saison préférée, mais novembre est pourtant le mois que j’haïs le plus. Je suis une personne conflictuelle, parlez-en a mes ex.

J’ai soudainement envie de sacrer mon camp au bout du monde, de vivre de feu de foyer, de doudou et d’eau fraîche. J’ai envie d’hiberner, de mourir un peu pendant quelques mois pis de revenir reposée une fois la neige fondue.

J’ai envie de succomber à cette angoisse sans raison qui s’est logée dans mon ventre quelque part dans la nuit du 31, envie de rien régler, de vivre sur pause.

C’est sûrement le gris, le gris d’une ville sans feuilles et sans neige, le gris dans le visage des gens qui vivent soudainement avec une heure de sommeil en moins, le gris des remises en question pré temps des Fêtes.

On est dans l’entre-deux, dans l’adolescence des saisons, celle dure à suivre, celle qui pète sa coche, celle qui aime trop fort, celle qui met tout en montagne.

Autant que j’ai envie de ne pas être seule, j’ai envie qu’on me laisse tranquille.

J’ai envie de promesses, de « ça va bien aller », de « une chance que t’es là, toi ». J’ai envie qu’on m’emmène dans le Sud par surprise, qu’on me dise que j’suis belle au coin d’un bar.

J’ai envie de chaleur, envie de me rouler en boule au creux de mains placées en prière, comme Poucette. Envie d’être toute petite, de me laisser porter.

J’ai le nez et le cœur qui coulent. C’est pas chic, un cœur qui morve, mais c’est correct, novembre non plus il est pas chic.

Alors, je me magasine un calendrier de l’Avent qui me fera assez plaisir pour me faire lever dans les matins sans soleil, et je me laisser bercer par les amis qui ont des rires qui réchauffent. Puis les jours passent et tranquillement, j’y viens à bout, dans cet entre-deux, pas trop en vie mais pas trop morte non plus. Comme une vieille décoration d’Halloween oubliée dans un banc de neige, pas trop à ma place mais bien pareil.

Un chocolat, une caresse à la fois. Armons-nous de cols roulés. Le soleil reviendra mes frères.

Source photo de couverture

One thought on “Avoir l’automne qui rentre dedans

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