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Ça va pas, hein?

Ah, cette question que lon pose trop peu, trop pas.

Ça feel peut-être pas fort fort actuellement, et peut-être même depuis déjà un bon petit moment.

Tas peut-être limpression que lorsque la noirceur se pointe le bout du nez et que les frissons te pognent dans le cœur et dans le corps, tes comme un vase brisé en 1000 morceaux qui a été recollé avec de la colle trop cheap.

La solitude et lisolement apparaissent sournoisement. Tu te sens peut-être comme si tout ce que tu avais fui pendant l’été avec des journées à la plage et trop daperol spritz vient soudainement de refaire surface.

Tu ferais dodo tout le temps. Ton interaction humaine la plus courante actuellement est peut-être ton livreur Uber Eats.

Tu sens que tu as besoin daide, que tu as besoin de parler ou même de crier, mais juste leffort de demander à quelqu’un te paraît déjà trop difficile.

Cher(ère),

La prochaine fois que lon te demandera « ça va pas, hein? », enlève-toi une charge de sur tes épaules et parles-en. Tas le droit de ne pas être indestructible et d’être dans un mood dans lequel tas besoin de prendre soin de toi et de te faire prendre par la main doucement.

Le mois de novembre et la période hivernale sont des moments difficiles de lannée. Pis on va en parler aujourdhui. Parce que t’es un humain important. Pis je t’aime, même si toi tu ne t’aimes pas actuellement.

Le coup de blues hivernal

Le coup de blues hivernal se manifeste sournoisement et subitement à la fois. Il peut être difficile de comprendre ses effets réels :

  • Fatigue, tendance à dormir et à somnoler davantage;
  • Augmentation des épisodes de consommation de nourriture, notamment des sucreries;
  • Baisse de productivité, de concentration et de libido;
  • Augmentation de l’anxiété, de l’irritabilité et de la tristesse; isolement.

Que tu sois quelqu’un pour qui tout allait bien quelques mois plus tôt ou que tu sois en slow-motion émotionnel, physique et mental depuis un moment déjà : ce que tu vis est valide et tu n’es pas seul.e. Pis si tout va bien, ce texte n’a en aucun cas été écrit dans le but de te mettre le poids de la souffrance des autres sur les épaules. C’est davantage pour nous faire réfléchir sur comment on peut collectivement parler plus profondément, prendre l’habitude de frôler les cicatrices qui nous habitent et briser les tabous sur la vulnérabilité et la fragilité chez l’humain. La santé mentale et le suicide se doivent d’être des sujets qu’on puisse aborder avec nos proches autant que celui de la santé physique.

Je souhaite que tu prennes le plus possible soin de toi cette semaine. On sait tous pas mal quoi faire au plan physique pour prendre soin de soi (ça déborde partout dans les médias), mais lorsque ça en vient à comprendre tout ce qui touche notre santé mentale et émotionnelle, on bloque un peu. Dormir, prendre une marche, appeler une ligne d’écoute, un ami ou une personne neutre, pleurer, vivre et ressentir ton émotion dans ton cœur et dans corps, te prendre par la main et ne pas t’en demander trop, prendre une journée à la fois, ne pas minimiser ce que tu vis pour plaire ou rassurer les autres. J’aimerais bien vous lire en commentaires sur ce que vous faites pour prendre soin de vous.

Comment aider les autres?

Brisons les tabous. Plus on discutera en nommant les vrais termes et en posant des questions sans tourner les coins ronds, plus nos conversations deviendront riches de sens et de bienveillance. J’ai un truc qui peut paraître parfois banal mais qui est efficace lorsqu’on est confronté à la vulnérabilité/souffrance de quelqu’un :

Au lieu de lui demander « Comment tu vas? », ce qui aura comme effet que la personne aura l’automatisme politically correct de répondre « Ça va. », utilisez plutôt « Ça va pas? » ou « Ça va pas, hein? ». La personne aura moins de possibilités d’évacuer et ne pourra pas non plus tenter de te retourner la question pour éviter d’y répondre.

Tu lui permets, par cette question, le droit d’aller moins bien et d’en parler sans jugements pendant ton écoute.

J’ai une amie qui me connait bien (trop bien) qui sait que lorsque je m’isole et que je ne vais pas bien, j’ai tendance à disparaître en pensant faussement être un fardeau pour les autres. Et pourtant, c’est tout le contraire. Cette amie essaie souvent de me texter pendant ces périodes où je lui réponds peu. Elle m’appelle souvent deux fois de suite et je finis par décrocher puis, avec une magie remplie de bienveillance, elle réussit à me faire parler. Eh bien, secrètement, ça me fait du bien et ça me libère chaque fois.

Il est important d’apprendre à écouter et ne pas tenter d’invalider ce que l’autre dit, ni de faire oublier ou diminuer ce que la personne vit et ressent. Le processus de guérison d’une ou de plusieurs blessures commence par l’acceptation de celles-ci.

Toi comment tu feel? As-tu une histoire à nous raconter?

J’aimerais bien te lire.

Par Émilie Potvin

14 thoughts on “Ça va pas, hein?

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