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Une histoire d’illusions

Bel ami mystère, si tu savais à quel point j’ai hâte de te revoir. On s’est rencontrés dans un contexte festif, tandis qu’il faisait encore chaud à l’extérieur. On s’est plus, on s’est fait rire, on s’est amourachés. Tout ça, dans une ambiance de bonheur, d’une réalité mise sur pause et de grandes gorgées d’alcool. Et tu es aussitôt reparti. À 15 heures d’ici.

Garçon canevas que je m’apprête à rencontrer de nouveau, si tu savais comme j’ai peur. On a convenu qu’on se rejoindrait à mi-chemin. De là où tu vis, aux États-Unis, de chez moi, la ville aux cent clochers. Mais, à ton sujet, j’ai le loisir de me bercer d’illusions. Tant que tu es loin, je décide de ce que tu es. Dans mes scénarios, tu corresponds à mes moindres attentes. Et si tu n’étais pas celui que je croyais?

Te rejoindre à New York constituera la liberté des cœurs. Parce que dans cette relation condamnée d’avance, j’ai le privilège de ne pas avoir à me poser trop de questions. Quand je ferme les yeux pour rêver à toi, il n’est pas question de te présenter à ma famille ou de décorer un appartement qui serait nôtre. Je pense plutôt à des batailles de boules de neige à Central Park, une randonnée au Mont Royal ou une dégustation d’huîtres au Maryland.

Je peux ainsi me permettre de me donner les faux espoirs les plus majestueux qui soient, car qu’on le veuille ou non, il n’y aura pas de lendemain. Et s’il y en a un, il sera très lointain. Or, je flatterai tes cheveux sans avoir peur de réfléchir. Avec toi, il n’y aura que le cœur qui compte.

Dans tous les cas, on sera tristes. Soit on aura compris que l’autre n’était pas réellement celui que l’on attendait, soit on réalisera que le potentiel est vrai et on sera confrontés à la réalité des voyages en avion qui nous séparent. Mais, comme je l’ai écrit plus tôt, la seule et unique façon de gagner les jeux du cœur, c’est de faire en sorte que ça en aille valu la peine. Et cette fois, je sens que ce sera le cas.

C’est une histoire d’insouciance. Peut-être que ma plus grande peur devrait être que mon corps ne finisse pas dans le fleuve Hudson, et non d’avoir de la peine. Peut-être que je ne devrais pas être si impatiente d’aller passer un week-end à New York avec un presque inconnu. Peut-être aussi que je devrais arrêter de craindre pour en profiter à 100%.

La plus grande insouciance dans tout ça, ne serait-ce pas simplement de se bercer d’illusions? Je réfléchis tout haut. Est-ce que la rêverie et l’espérance sont en réalité plus grandes que dans n’importe quelle autre fréquentation? Ce qu’on connait des gens, fondamentalement, c’est les perceptions qu’on a d’eux. Et le fait que ça ne pourra pas fonctionner, ce n’est probablement qu’une illusion en soi. Je me perds dans mes paradoxes.

À travers nos messages textes, à travers tes blagues et tes conseils, tu es précieux. La tête peut nuire au cœur, mais elle peut aussi l’encourager. J’ose croire que mes illusions seront fidèles à la réalité.

Source : Unsplash

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