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Les féministes…toutes aussi intenses?

Ah…les féministes! Selon la croyance populaire, elles se promèneraient partout en brûlant leur brassière, les jambes pas rasées, en criant des insultes aux hommes qu’elles verraient passer. C’est bien connu, toutes mes amies avec une petite once de féminisme en elles agissent de la sorte tous les jours! Elles ne sont certainement pas en train de se promener dans les couloirs de l’université ou à l’épicerie, en souriant aux garçons et en achetant un item rose parce que l’envie leur prend. Non, il faut qu’elles soient plus intenses les féministes selon les stéréotypes, disons-le, dépassés. Ça fait tellement longtemps qu’on crie pour rien que c’est rendu une habitude. Une face de fille outrée, mécontente, c’est souvent ce qui vient en tête selon l’imaginaire collectif populaire. 

Je vais vous le dire franchement, moi, j’y croyais pu. Après toutes ces années à être fièrement féministe sans brûler mes brassières, je ne pensais plus qu’il y avait encore des gens qui voyaient le féminisme de cette façon. Je pensais que le stéréotype avait fait son temps. Jusqu’à mon retour à l’université où j’ai entendu les pires clichés qui existent sur le féminisme. Pire encore, je les ai entendus par des amies à moi commençant leur vingtaine. D’après elles, demander l’égalité n’est pas nécessaire. À ce moment-là, j’ai pris un deux minutes. Est-ce que j’étais bien dans une université à Montréal en train d’expliquer à mes ami.es que oui, l’homme a encore des privilèges réservés seulement à cause de son sexe? J’avais bien de la misère à concevoir que demander l’équité n’était pas une demande raisonnable. J’avais de la misère à concevoir que des filles de mon âge puissent encore véhiculer les stéréotypes arriérés des filles qui clament être féministes. 

Jusque-là, je gardais mon calme, j’essayais d’expliquer les inégalités qui perdurent tout en écoutant leur propos. Jusqu’à ce qu’une des filles me dise : « le féminisme c’est bien beau, jusqu’au jour où les filles arrêtent de se raser. En 2019, je ne devrais pas voir ton poil de bras, les filles ce n’est pas fait pour avoir du poil ». Oui, je le confirme, à ce moment je suis devenue furieuse, mais pas contre mon amie. Son opinion est tout aussi valable que la mienne et on a tous le droit d’exprimer ce que l’on pense. Mais j’étais furieuse de voir le manque de sisterhood, le jugement porté pour un choix personnel, le stéréotype qui refait surface. J’étais furieuse parce qu’au final, le jugement qu’elle apportait était probablement juste un manque d’information de sa part. On répète ce que l’on entend, les stéréotypes du genre ne font pas exception. 

Depuis ce jour, je suis plus en calvaire que La Chicane.  Ce sont nos valeurs de société qui font qu’on intériorise ces stéréotypes ridicules.  C’est un manque d’information parce que les médias nous font voir ce qu’ils veulent alors qu’on ne cherche pas toujours à aller chercher plus loin pour s’éduquer.  Mais, même si je suis fâchée, je vais continuer d’être bien fine avec mon conducteur d’autobus le matin en portant sous mon chandail ma brassière en dentelle noire préférée. Demain, je ne vais probablement pas parler à personne des féministes parce que, croyez-le ou non, ce n’est pas le seul sujet que je connais.  Oui, je suis féministe, mais non, je ne suis pas le stéréotype. Je n’ai pas besoin de l’être pour m’approprier le titre. Sache qu’il n’y a rien de mal aux bras poilus, aux filles à caractère ou encore aux femmes qui décident de quoi faire avec leur corps. Bravo à elles, parce qu’à chaque corps son choix et à chaque fille sa propre version de ce que veut dire le mot féminisme.

Source : Pixabay

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