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J’ai réécrit votre histoire pour qu’elle cesse de t’attendre

Chaque fois que vous vous croisiez, elle était tout à l’envers. Je devais lui accorder du temps pour qu’elle s’en remette. Chaque fois, elle repensait à toute votre histoire. Les larmes lui montaient aux yeux, et sa réaction l’a surprise. Même après plus d’un an et demi depuis votre séparation, tu lui faisais encore cet effet-là. Elle ne cessait de répéter qu’elle avait tout fait pour tenter de t’oublier et qu’ABSOLUMENT rien ne fonctionnait. Qu’elle devait tenter d’accepter que, vu votre histoire, tu aurais toujours le même impact sur elle. Mais je savais qu’elle mentait.  Je savais qu’elle n’avait pas coupé les ponts avec toi, qu’elle avait peur de le faire et qu’en maintenant ce lien, elle maintenait aussi l’espoir qu’un jour, tu allais comprendre et que vous puissiez être finalement ensemble. Elle attendait ton retour. Moi je le sais que tu ne changeras pas. Et au fond d’elle, je sais qu’elle aussi en était consciente.

Parfois, elle m’avouait même faire exprès de te croiser, puisque chaque fois, vous vous êtes parlé… Je ne crois pas qu’elle souhaitait revenir avec toi, je crois qu’elle avait seulement besoin de discuter et que tu acceptes de terminer ça sur une meilleure note. Tu étais son premier amour. Je sais que vous allez sûrement toujours avoir des sentiments l’un pour l’autre, vous avez trop vécu. Elle espérait seulement pouvoir se libérer de toi. Cette fois, je tiens à ce qu’elle y arrive.

<< Vous vous êtes croisés à l’épicerie. Tu lui as souri. Tu lui as dit salut, un peu timide. Tout de suite, elle a vu de la tendresse dans tes yeux, de la peine, mais, pour une fois, aucune trace de colère ou de rancœur. Ces sentiments s’étaient enfin apaisés. Elle t’a souri à son tour. Elle t’a dit qu’elle espérait que tu allais bien pour te rendre la douceur que tu lui avais partagé. Tu lui as répondu par un signe de tête. Elle a continué son chemin. Le lendemain, tu l’as débloquée de Facebook. Wow. On en revenait pas. Quelques minutes après avoir pris conscience de ce progrès, tu lui as écrit : Salut, j’étais content de te croiser hier, mais ça m’a rentré dedans. J’ai réfléchi. Je suis tanné d’être en chicane. Rien de plus, rien de moins. C’était suffisant. Elle savait pertinemment ce que tu voulais dire, elle n’avait pas besoin de plus d’explications. Elle t’a répondu qu’elle en était au même point. Elle t’a rassuré qu’elle n’avait pas l’intention de tenter de recoller les morceaux, qu’elle considérait qu’ils n’existaient même plus. Elle t’a proposé de vous voir. Évidemment, tu as pris quelques jours à lui répondre. Elle te connait, elle savait que tu pesais le pour et le contre. Surprenamment, tu as accepté. Elle était heureuse de constater ton ouverture. Vous avez décidé que tu allais passer voir son nouveau chez-soi. Lorsque tu es arrivé, tu étais nerveux, comme toutes les autres fois où vous êtes passés par là. Mais, cette fois-ci, tu étais moins émotif. Tu as gardé tes distances. Vous vous êtes assis. Tu lui as dit que tu trouvais que ça lui ressemblait son appartement, qu’elle était bien installée et que tu étais content pour elle. Elle savait que malgré la douleur que tu avais à imaginer son cocon créé après votre rupture, tu étais vraiment sincère. Fidèles à vos habitudes, vous avez jasé jusqu’aux petites heures du matin. Chacun de votre côté du divan. Sans rapprochements. Vous saviez que cette fois-ci, ces retrouvailles ne seraient pas la première étape d’une nouvelle aventure ensemble. C’est surement pour cette raison que, vers la fin de la soirée, vous êtes devenus un peu émotifs. Vous saviez que cette fois-ci, c’était le point final à votre histoire remplies de virgules. Vous vous étiez enfin tout dit. Vous vous étiez enfin compris. Enfin. Lorsque tu es parti, tu l’a prise dans tes bras. Vous êtes restés comme ça longtemps. Vous avez pleuré un peu aussi. Vous le sentiez. Elle savait qu’il n’y avait plus de colère entre vous deux, seulement encore beaucoup de respect et d’amour. Elle s’est couchée sereine ce soir là. C’était un dernier vrai beau moment. >>

Avec toi, elle n’a jamais eu le contrôle sur ses sentiments trop forts. Toi pareil. La preuve, vous êtes revenus tellement de fois ensemble. Elle n’a jamais eu le contrôle sur tes sentiments qui, à une époque, étaient beaucoup trop puissants pour son petit cœur. Elle n’a jamais eu le contrôle sur tes réactions, tes envies. Elle vivait selon leur présence. Et elle n’a pas eu le contrôle sur votre rupture. Elle n’a pas pu finir votre relation comme elle l’aurait souhaité et au lieu de lâcher prise et de se reconstruire, elle t’attendait. Encore. Comme elle t’a longtemps attendu. Elle a attendu que tu sois prêt, que tu comprennes, que tu décides que vous soyez ensemble, que tu l’autorises à revenir à la maison après vos chicanes, que tu l’autorises à te parler, à t’écrire, à te côtoyer quelque part, à te dire ce qu’elle avait sur le cœur. Mais pendant qu’elle t’attend, elle met tout le reste sur pause, elle-même y compris. Moi, je sais que tu ne reviendras pas et que tu n’est pas en mesure de répondre à ses attentes. Qu’elle attend pour rien. Je sais que si elle avait eu le pouvoir de choisir ce à quoi votre dernière fois ressemblerait, ce serait exactement selon ce scénario. Je sais que tu n’es pas en mesure de le réaliser, mais moi, je sais qu’elle n’est plus en mesure de l’attendre.

Alors voilà. Voilà tous les mots qu’elle aurait aimé te dire. Tous les mots qu’elle aurait aimé entendre de ta part. Tout ce qu’elle aurait aimé qui se passe entre vous. J’ai réécrit votre histoire pour qu’elle reprenne son pouvoir, qu’elle cesse de t’attendre, qu’elle prenne soin d’elle et qu’elle mette son énergie sur des relations plus saines.

Elle peut enfin appuyer sur PLAY et je suis fière d’elle.

Source de la couverture

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