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Des fois, on oublie de vivre

Quel a été votre dernier moment de plénitude? Un moment où vous vous êtes sentis ancrés dans ce monde, à votre place, remplis de sérénité, d’amour pour vous-mêmes et pour votre vie.

Ce sont les mêmes mots qu’on entend tout le temps, tout va trop vite,  on court à droite et voilà qu’on a besoin de nous à gauche, et enfin, quand on pensait avoir couru le maximum humainement possible dans une journée, on se retrouve à courir encore. Toujours un peu plus. Parce qu’il faut être productifs, il faut que ça compte, que ce soit rentable, il faut que ce soit payant et calculable.

Au risque de ne pas faire quelque chose qui serait calculé et maximisé, on parle de perte de temps. Perdre. Le temps. Comme si, de un, le temps nous appartenait et comme si, de deux, on pouvait l’égarer comme on égare ses clefs. Et à travers tout ça, on parle du temps qui court, alors que le temps est simplement là. Nous sommes laissés seuls, en fin de compte, devant le constat que c’est nous qui courrons.

Plus on court vite, plus le paysage devient flou. C’est une question de physique. Comment ralentir, alors, quand on est attendu à l’autre bout? Peut-être que le point de départ serait justement de se donner le droit d’y aller à notre rythme, de profiter du temps que l’on passe sur le chemin, plutôt que de se précipiter vers la fin.

Et si on pouvait redécouvrir douceur de se tenir immobile dans un monde en mouvement. À travers les vagues, la neige, le trafic, les paroles, se figer, un instant. Ralentir, à tout le moins, pour ne pas, comme ils disent, oublier la vie.

Parce qu’avec toute l’intelligence et la sensibilité qu’on nous a données, ce serait trop bête d’oublier de vivre.

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