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Merci d’avoir compris ce dont j’avais besoin

Cette personne se confie à toi, elle s’ouvre à toi, elle te demande conseil, elle a besoin de ton épaule pour pleurer, de ta présence pour se soulager, de ton regard qui lui dit tout va bien aller, de ton sourire rassurant, de tes bras chaleureux.

Ce dont elle a besoin, c’est ta présence et non pas que tu lui dises quelque chose de précis ou que tu fasses quelque chose pour elle. C’est que tu sois là, que tu sois présent pour elle, que tu lui montres que peu importe quel choix elle prendra, tu vas être là pour la supporter. Même si elle se trompe, même si tu n’es pas d’accord, ton soutien sera sans jugement. Elle a seulement besoin de savoir qu’au moment où elle se trompera, ce que tu savais dès le départ, tu seras là pour la réconforter, le temps que ça prendra.

Tu sais que c’est une erreur, qu’elle n’est pas bien dans cette situation là, mais elle y retourne quand même. Tu sais qu’au fond, c’est pas vraiment ça qu’elle veut, mais que c’est vers ça qu’elle va quand même. Tu sais qu’au final tu vas devoir la ramasser à la petite cuillère encore et encore. Et…encore. Une dernière fois. Peu importe le nombre de fois où tu devras la ramasser, tu seras là.

Tu peux la mettre en garde, tu peux lui dire ce que tu penses, tu peux la conseiller, tu peux lui nommer tes inquiétudes, mais tu ne peux décider à sa place. Tu peux simplement lui dire qu’un moment donné ça fait, que tu t’inquiètes pour elle de la voir si triste.

Parce que des fois, être aidant,  ce n’est pas toujours de dire ce que l’autre veut entendre. Tu peux trouver qu’elle prend une décision de m*rde de manière à ce qu’elle comprenne que tu t’inquiètes. Sans la juger.  Tu peux lui démontrer qu’il y a d’autres options possibles, sans qu’elle ne se sente coupable d’y aller encore, malgré tes conseils. Parce qu’elle a besoin de réponses. Dis-lui que c’est de la m*rde mais que tu la comprend d’aller valider. Tu le sais toi, que le mur s’en vient et qu’elle va le frapper de plein fouet. Mais tu la laisses aller. Tu la laisses apprendre. Tu la laisses choisir.

Tu sais que tu peux aussi ne rien lui dire? Parce que des fois, être un bon aidant, c’est de ne rien dire, seulement d’écouter. Parce que des fois, tout ce que tu avais à dire, tu le dis la première, puis la deuxième fois. À la troisième fois, tu as fais le tour de tout ce que tu avais à lui dire pour la prévenir. Être un bon aidant, c’est aussi de laisser la personne aller à son rythme, par le chemin qu’elle a envie de prendre et de frapper le mur qu’elle a envie de frapper.

Et ça, la majorité de mon entourage l’a compris. Je vous lève mon chapeau et je vous rends hommage aujourd’hui. Parce que je le sais que, dans les dernières années, vous m’avez vue faire des erreurs, avoir du mal à m’en remettre, refaire les mêmes erreurs, puis avoir encore plus de mal à me relever. Vous m’avez vue me tromper, évoluer, échouer, sourire, être en colère, pleurer, être démolie, mais vous m’avez aussi vue me reconstruire. Si vous m’avez vue me reconstruire, c’est parce que vous étiez là pour m’aider à reconstruire chacun des petits morceaux de moi-même, après les avoir perdus un par un. Au final, je suis parvenue à refaire ce casse-tête là. Vous m’avez laissée vivre mes expériences, celles qui font de moi la femme que je suis aujourd’hui.

Vous saviez que ce casse-tête allait se briser. Vous m’aviez avisée, vous m’aviez dit que ça se pouvait que ça arrive encore, mais chaque fois vous m’avez mise en garde et vous avez respecté chacune de mes décisions, qu’elles soient bonnes ou très mauvaises. Vous avez été présents dans tous ces moments.

Merci d’avoir pris soin de moi à travers ces choix-là. Merci de m’avoir fait réfléchir. Merci de m’avoir fait douter, parce que c’est ce qui m’a poussée à me questionner. Merci de m’avoir soulagée. Merci de m’avoir redonné confiance. Vous avez su être là, juste assez, pas trop. Vous avez su me mettre en garde, juste assez, pas trop. Vous ne m’avez jamais jugée, vous l’avez seulement fait de façon bienveillante et aimante.

Trop souvent, il est facile de remarquer les différences que nous avons avec eux, les défauts des gens qui nous entourent. Les moments où ils n’ont pas su être là comme on l’aurait souhaité. Les moments où ils n’ont pas su nous dire ce qui nous aurait fait du bien. Les moments où ils sont plutôt maladroits, où ils nous ont blessés, mais trop souvent, on ne souligne pas assez leur présence.

Alors je vous dis un énorme MERCI. Parce que vous avez compris ce dont j’avais besoin.

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