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Ces flatulences qui polluent (et autres raisons pour diminuer sa consommation de bœuf)

Si vous n’en aviez pas encore entendu parler, je vous annonce que la lutte aux changements climatiques passe inévitablement par la réduction considérable de notre consommation de viande. Comme une étude du magazine scientifique Nature le rapportait cet été, la production animale est responsable à elle seule de 72 à 78 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole mondial. Vous n’êtes pas végétarien.ne? Je ne vous ferai pas la morale puisque moi non plus. C’est une transition qui peut prendre du temps. Il reste qu’il est possible d’adopter des habitudes alimentaires un peu plus vertes d’ici à ce qu’on soit prêts à changer de régime.

Au printemps dernier, après ma lecture du chapitre « Manger moins de viande » de l’excellent livre Sauver la planète une bouchée à la fois de Bernard Lavallée (si tu ne connais pas le Nutritionniste urbain, ta vie est triste), j’ai pris une décision. Je n’achèterais plus de bœuf. Après avoir assez bien réussi ma mission, en 2020, je ne consommerai officiellement plus de cette viande. Tu te demandes pourquoi celle-là plus qu’une autre? Laisse-moi te résumer la patente.

Tout d’abord, l’élevage d’animaux destinés à l’alimentation humaine est responsable de 14,5 % des émissions de GES mondiales, dont 9,7 % pour les bovins seulement. Calorie pour calorie, le bœuf émet 5 fois plus de gaz à effet de serre que les vaches laitières, le porc, la volaille ou les œufs et 11 fois plus que le blé, le riz ou la pomme de terre. Pourquoi le bœuf émet-il tant de GES? Parce qu’un bovidé qui pète, ça produit du méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le CO2. La fermentation qui se produit dans leur système digestif produit beaucoup plus de méthane que les cochons ou la volaille. Bien sûr, la digestion n’est pas le seul facteur. L’azote utilisé dans les champs sous forme d’engrais pour produire la nourriture des animaux se transforme aussi en oxyde nitreux, une autre source d’émissions.

À l’heure actuelle, l’élevage de tous les animaux confondus occupe 75 % des terres utilisées pour l’agriculture et 35 % des cultures servent à les nourrir (puisque pour 1 kg de viande, il faut environ 7 à 12 kg de céréales). Je n’ai pas besoin de vous faire un dessin pour vous dire qu’un bœuf monopolise plus d’espace qu’une poule et mange plus aussi. En fait, calorie pour calorie encore une fois, le bœuf occupe 28 fois plus de terres arables que les vaches laitières, le porc ou la volaille et 160 fois plus que le blé, le riz ou la pomme de terre. Qu’est-ce que ça vient faire dans les changements climatiques, ça? Eh bien, pour rendre disponibles de nouvelles terres agricoles, on a recours à la déforestation. Et ça, je n’ai probablement pas besoin de vous expliquer en quoi c’est mauvais pour l’environnement.

Finalement, le coût en eau est loin d’être négligeable : pour produire 1 kg de bœuf, il ne faut pas moins que 15 400 litres d’eau. Pour vous donner une idée, pour la même quantité, il faut 4325 litres pour la production de poulet, 4055 pour des légumineuses et 322 litres pour des légumes. La plus grande partie de l’eau n’est pas bue par l’animal, mais plutôt utilisée pour la production des aliments qui nourrissent les animaux…

Si la consommation de viande est en diminution en Amérique du Nord, elle est présentement en croissance en Asie. Et tant que la demande restera élevée, la pollution qui lui est reliée le sera aussi. Sans être complètement zéro émission, remplacer le bœuf par du porc permet tout de même de réduire d’environ 544 kg nos émissions de CO2 par année. C’est un bon début, vous ne trouvez pas?

Sources :

· Le bœuf et son empreinte carbone (Commission de l’écofiscalité du Canada)
· Combien d’eau est utilisée pour produire les aliments (Nutritionniste urbain)
· Le bœuf, la source de protéine la plus polluante (Radio-Canada)
· L’impact de la viande sur l’environnement expliqué en 4 minutes (Le Monde)
· Manger moins de viande pour lutter contre les changements climatiques? (Le Devoir)
· Le chapitre « Manger moins de viande » du livre Sauver la planète une bouchée à la fois (Bernard Lavallée, Nutritionniste urbain)

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