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Mettre son masque à oxygène, ou comment établir ses limites et les faire respecter

Est-ce que tu crois à la synchronicité? Tsé, quand plusieurs événements sans aucun lien entre eux te ramènent exactement au même endroit et que tu finis par te dire que c’est sûrement un message de l’univers? Il y a quelques semaines, une rédactrice de La Fabrique Crépue publiait le texte Se choisir pour Noël, un excellent texte où elle explique comment elle est restée trop longtemps dans une relation toxique. Quelques jours avant, j’étais en voiture avec un proche et il me racontait des anecdotes d’amies qui sont restées elles aussi trop longtemps dans des relations qui n’étaient pas bonnes pour elles. Il s’est exclamé : « Voyons, crisse, vous êtes ben toutes pareilles! Quand ça marche pas, tu pognes tes cliques pis tes claques pis TU DÉCÂLISSES! » J’ai eu un moment de réflexion avant de lui répondre : « Oui, mais… on ne nous a pas appris à faire ça ».

Pendant plusieurs années, au Québec, on a éduqué les enfants à « être gentil » et on a enseigné la résolution de conflits à coups de « on écoeure ceux qu’on aime, laisse-le faire, ça va finir par lui passer ». Si, en grandissant, les garçons ont souvent fini par se faire dire de mettre leur pied à terre et de faire un homme d’eux-mêmes (merci masculinité toxique?!), mettons qu’on est passé pas mal plus rapidement sur le concept de limites avec les filles. Personnellement, ça m’a pris deux ans de thérapie avant de finir par entendre : « Mylaine, tu es un être humain et comme tous les êtres humains, tu as des besoins. Ces besoins sont valides et tu es en droit de t’attendre à ce que les autres respectent et répondent à ces besoins-là. » À ce jour, je crois que ce sont les paroles qui m’ont fait le plus de bien et le plus de mal en même temps. J’ai compris à cet instant précis que toute ma vie, je m’étais sentie responsable de satisfaire les besoins des autres, je m’étais fait un devoir de respecter les limites des autres, mais que jamais, jamais, je n’avais pris le temps de me définir en tant que personne en réfléchissant à mes propres besoins et à mes propres limites. Plusieurs années plus tard, c’est encore un défi pour moi de mettre ça en pratique. Théoriquement, je comprends ce que je dois faire, mais c’est encore très difficile d’exprimer mes besoins et mes limites sans avoir l’impression d’être une sale gamine égoïste qui n’a que peu de considération pour les autres ou pour l’harmonie sociale. J’ai une amie qui compare ça à un voyage en avion : en cas de crash, la première chose à faire, c’est de mettre ton masque à oxygène. Pas celui de ton voisin de siège ni même celui de ton enfant : le tien. Ensuite seulement, tu pourras te soucier de comment se porte les autres et de ce que tu peux faire pour eux.

L’année 2020 commence à peine. Une nouvelle année, mais aussi une nouvelle décennie. C’est le moment idéal pour laisser ce qui ne nous rend pas heureux-se derrière soi et pour entamer ce nouveau chapitre avec confiance. Alors à quiconque aurait besoin de l’entendre :

Tu es une personne.

Tu as des besoins. Ces besoins sont valides.

Tu as des limites. Ces limites sont valides.

Tu as le droit d’exprimer tes besoins et d’exprimer tes limites.

Tu as le droit de t’attendre à ce que les autres respectent ces besoins et ces limites.

Pis quand ça fait pas, tu prends tes cliques pis tes claques pis TU DÉCÂLISSES.

Paix et amour.

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