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L’amour a une date de péremption

En ce qui a trait à l’amour, j’ai toujours été naturellement très rêveuse. Les livres et les films romantiques me donnent envie de vivre une de ces histoires d’amour passionné. L’amour est selon moi l’un des sentiments les plus fascinants.

Récemment, j’ai lu un livre qui m’a chamboulée et qui m’a fait remettre en question mon opinion sur l’amour : L’amour dure trois ans, de Frédéric Beigbeder. Selon cet auteur, l’amour aurait une date de péremption. Il présente une théorie particulière pour expliquer ce phénomène : le sentiment amoureux serait secrété par des hormones qui cesseraient d’agir après trois ans. Ainsi, scientifiquement parlant, on serait tous programmés pour n’aimer que durant trois ans.

Les plus belles histoires d’amour représentées dans les films et les livres qui me faisaient autrefois rêvasser seraient alors qu’une tromperie? Qu’en est-il de Roméo et Juliette? Ne serait-ce qu’une invention de la société? En fait, le grand amour lui-même semble une création de la société. Cette dernière nous fait croire au véritable amour en nous bombardant de romantisme, mais, en réalité, il s’éteint au bout de trois petites années. C’est prouvé par la science!

Frédéric Beigbeder a su bien choisir ses mots pour qu’ils nous percutent comme il faut. Sa théorie repose sur trois phases qu’il décortique. Vous comprendrez que chaque phase dure une année.

D’abord, la première année est passionnelle : tout est magique, le bonheur coule à flot. On fait souvent l’amour et on le fait partout. On s’embrasse et on se touche inlassablement. Tout est beau. Trop beau. Digne d’un conte de fée.

Ensuite, quand la deuxième année frappe, la chimie qu’on entretenait auparavant se transforme en p’tite tendresse cute. On ne s’en déplaît pas pour autant, mais on fait de moins en moins souvent l’amour et les bisous se font plus rares. La complicité prend la place du désir.

Puis, la troisième année se pointe le bout du nez et tout bascule. Cette année-là rime avec ennui. La flamme du début a entièrement disparu : on n’a plus envie de faire l’amour, on se trouve même des excuses pour s’en sauver. On ne se touche plus et on ne se parle pratiquement plus. On ne se sent même plus coupable de regarder ailleurs.

L’amour aurait-il véritablement une date de péremption, comme Beigbeder l’insinue?

J’ose croire en ce sentiment à la fois complexe et fantastique, alors j’ose croire que sa durée est indéterminée. Que ce soit six heures, huit mois ou douze ans, l’amour est unique. Par conséquent, il est relatif à chacun.


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Or, vous me direz si je me trompe, mais les trois phases me semblent assez familières. Je pense que toutes les relations amoureuses traversent nécessairement ces périodes. Au début, c’est vrai qu’on flotte sur un nuage et que tout est féerique. Ensuite, on apprend de plus en plus à se connaître et on devient à l’aise avec l’autre – ce qui est tout à fait normal, soit dit en passant. Puis, si l’ennuie se manifeste, c’est à ce moment qu’il faut se poser des questions et agir. Le problème, c’est que la lassitude se dévoile généralement lorsque les couples commencent à se prendre pour acquis. Et c’est ça qui est mortel, selon moi.

Si les gens se prennent pour acquis, la passion, la sensualité, les étincelles, la sexualité, les papillons dans le ventre, etc., toute cette magie va se dissiper. Il ne restera plus que de l’attachement et du confort. Comment est-il possible de bâtir un couple épanoui et solide sur un simple sentiment d’attachement? Surtout dans la génération dans laquelle on vit, qui est d’autant plus problématique!

En effet, tout est beaucoup plus accessible maintenant. Les gens ne se compliquent plus la vie. Dès qu’il y a une embûche, ils se laissent et changent de partenaire. Ils n’essaient pas de fixer leurs problèmes, de trouver des solutions, de grandir ensemble et de s’améliorer. Ils passent directement au suivant. La génération d’aujourd’hui est littéralement synonyme de Thank you, next, en ce qui concerne l’amour.

La vérité, c’est que cet amour-là ne dure effectivement pas.

L’amour qui connait une fin est celui qui est vécu sans y mettre d’efforts et de façon paresseuse. Celui qui n’a pas surmonté de montagnes ou traversé d’océans. Celui-là ne vaut pas la peine de survivre.

Or, l’amour perdure si chacun en connait la vraie valeur. Si chacun lutte chaque jour pour raviver la flamme, revigorer le plaisir et si chacun ne cesse de se surprendre, ce sentiment se perpétuera indéfiniment.


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Contrairement à ce que Beigbeder croit, l’amour n’est pas un combat perdu d’avance si on se bat constamment pour le préserver.

Par Amélie Larivière

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