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Cultiver l’espoir

D’est en ouest, ce qui fait ce que nous sommes aujourd’hui, en tant qu’espèce, en tant qu’humains, c’est cet élan qui nous a toujours portés de l’avant. Quand les temps sont durs, quand il commence à faire froid, quand le soleil prend congé, ce qui fait qu’on continue, qu’on pousse à travers les obstacles, c’est l’espoir.

C’est la métaphore botanique qui semble se coller le mieux à l’espoir : on doit le cultiver. On doit prendre en considération les aléas du temps : le protéger de la pluie, le laisser fleurir au soleil, le couvrir pour ne pas qu’il attrape froid.

L’espoir demande des acrobaties de l’esprit. Il demande de cesser de mettre en opposition l’ombre et la lumière. Il demande de les considérer comme complémentaires, essentiels, comme fondamentalement indissociables : la lumière qui se fond dans l’ombre et l’ombre qui se fond dans la lumière. L’existence de l’une exige l’existence de l’autre.

C’est plutôt difficile, vous en conviendrez. Savoir se poser quand l’ombre devient grande. Se poser pour mieux repartir. Garder en soi cette conviction, même si elle se fane par les difficultés de la vie, que demain apportera quelque chose de beau. Ce ne sera peut-être rien de grandiose ou peut-être une petite chose de rien du tout: une crème glacée à la pistache, un rire d’enfant, un chien heureux de vous voir, un mot doux, de la neige qui tombe au ralenti, un café qui réchauffe, une main rassurante, un vent du nord, une chanson à la radio, une photo d’un moment heureux, un rire sincère, un regard bienveillant, un instant qui se fige dans le temps.

C’est une erreur commune je trouve, de penser que ce qui fait la vie sont les grands moments. C’est que les grands moments sont ritualisés, valorisés socialement et figés dans l’imaginaire collectif. On se perd peut-être, parfois, à vouloir vivre de grands moments. La vie, si grande soit-elle, ne serait peut-être, finalement, qu’un ensemble de petits moments. De petits fragments qui se succèdent et qui, au bout du compte, forment un grand tout.

C’est ça, l’espoir, en fait. C’est de croire, aspirer, de faire confiance que demain, il se passera quelque chose. Une petite chose de rien du tout.

Et ce rien du tout fera toute la différence.

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