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Être anxieux.se et backpacker

En partant en voyage, seul.e ou pas, on doit s’attendre à sortir de sa zone de confort (à moins d’être dans une destination très peu exotique).

Il faut dire que depuis mon arrivée en Asie (déjà 3 mois!), plusieurs éléments sont venus secouer cette zone de confort. Il m’a fallu accepter de progressivement diminuer mes standards, puisqu’une coupure à blanc dès le début était trop difficile pour mon anxiété et me secouait trop. En d’autres mots, comme je disais à ma travel buddy dans les premières semaines : « Je suis plus princesse que je le pensais, et je me sens mal, mais là, je suis inconfortable et je n’ai pas de plaisir. Il faut que je trouve un juste milieu. » J’ai eu la chance que mon amie ne soit aucunement jugdgemental, qu’elle m’encourage à être moi-même et ainsi éloigner les situations anxiogènes, jusqu’à ce que ma tête (mon anxiété) et mon corps (anxieux) soient prêts à les affronter.

Je me sentais mal, je n’aimais pas être inconfortable dans le cadre d’un voyage, alors que le peuple du pays où j’étais arrivait, lui, à vivre dans ces conditions. Je me devais de vivre comme ces gens, et non au-dessus d’eux.

Ça a donc été bien difficile pour moi d’accepter que mes besoins de base se devaient d’être mis à l’épreuve de manière progressive, plutôt que complète. J’avais l’impression d’être une backpacker imposteure. Je ne comprenais pas pourquoi mon anxiété n’était pas demeurée au Québec.

J’imagine ne pas être la seule à vivre ce genre de choc, bien que les réseaux sociaux mettent plus souvent de l’avant les beaux côtés du voyage. J’imagine ne pas être la seule backpacker anxieuse, et donc, j’aborde le moment où j’ai senti mon besoin de sécurité et de confort carrément menacé (c’est vite revenu, heureusement).

Alimentation

Je suis picky eater dans la vie, même au Québec. J’ai eu beaucoup de difficulté à intégrer certaines choses à mon alimentation, à manger 3-4-5 jours de suite des aliments qui se ressemblent beaucoup trop, etc. Mais on s’y habitue presque en acceptant de goûter à des choses surprenantes, inconnues et locales! Tu pourras aussi manger du « western food » presque partout où tu iras. Cette alternative te permet d’y aller step by step! Et ne soit pas gêné.e de le faire.

Déplacements / Transports

J’ai d’énormes maux de transport. Les transports en Asie (sont loin d’être doux pour ceux et celles qui les ont déjà pris, vous comprenez!). Les montagnes, les courbes, les coups de freins secs, les durées in-ter-mi-na-bles, ça met un corps au défi. Au début du voyage, 3 heures de bus, ça me drainait. Récemment, j’ai pris le bus de plus de 24 heures de Luang Prabang (Laos) jusqu’à Hanoi (Vietnam) et tout s’est bien déroulé. Petite victoire!

Intimité

Dortoirs de 4 à 10 personnes, chambres/homestays non-insonorisés, ne jamais (ou rarement) être dans un contexte 100% seul.e. Au début, quand tu essaies encore de récupérer du décalage ou que tu es encore en phase d’adaptation, c’est plus difficile. Mais on finit par prendre goût à ce beau monde qui est partout, aux rencontres dans les dortoirs et les auberges et aux bruits de tous les animaux à 3h du matin! Par contre, si parfois ça devient trop overwhelming, il n’y a pas de mal à se payer un plus gros hôtel une fois de temps en temps pour recharger ses batteries!


Crédit photo : @missrouusse

Communication avec la maison

Au départ, il peut être difficile de décrocher. Même si certain.es conseillent de « tirer la plogue » pour décrocher plus vite, cette technique n’est pas vraiment adaptée aux personnes à caractère anxieux. C’est correct que tu veuilles toujours avoir le wifi, toujours parler à tes ami.es/parents/chum.blonde/chat. Tu vas passer un beau voyage quand même. Prends le temps d’accepter que là, tu as juste besoin d’eux le temps de t’adapter!

Cela étant dit, ce billet est une invitation à t’écouter, et ce, même si tu es en voyage. Voyager avec de l’anxiété, ça peut être difficile, ça peut briser des beaux souvenirs. C’est pourquoi j’ai décidé d’écouter mon corps et de me permettre des allers-retours entre ce que je vise et ce dont je suis capable selon certains jours/humeurs.

Y’a pas de « backpacker parfait », tant que tu restes respecteux.euse des autres, des cultures et des coutumes, il n’y a pas un standard de type de voyageur à atteindre.

Sois doux.ce avec toi et accepte que chacun va à son propre rythme. Tout va bien aller.

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