Menu

Manger à sa faim (ou pas)

Avec tout ce qu’on entend sur la nourriture, sur ce qui est bon ou mauvais pour la santé et sur les stéréotypes d’un corps parfait, je ne suis aucunement surprise de constater l’ampleur des problématiques associées à l’alimentation. La relation que nous avons avec la nourriture est aussi singulière que la relation que nous avons avec nos amis ou notre compagnon de vie. Cette relation évolue à travers le temps et se définit selon nos expériences, nos perceptions et nos idéologies.

Rares sont ceux qui n’ont jamais eu de pensées de culpabilité, de honte ou de découragement face à ce qu’ils ont mangé. Que ce soit d’avoir trop mangé ou pas assez, de manger trop santé ou trop de malbouffe ou que ce soit en raison du fait que nous n’avons pas respecté nos « régimes », je suis convaincue que nous avons tous déjà ressenti une gamme variée d’émotions en lien avec la nourriture.

En effet, aliment rime avec émotions et souvenirs. Certains repas nous rappellent la famille et d’autres, la solitude. Pour ma part, j’ai toujours été gourmande. J’ai toujours voulu savoir ce qu’on allait manger pour souper en me réveillant. Par contre, à mon entrée à l’université, la gourmandise a laissé place à l’anxiété de performance. Manger un bagel par jour ou une pomme pour déjeuner était devenu ma réalité. Manger du poulet sec et ne pas vouloir approcher les féculents a également été une partie de ma vie. Inconsciemment, je cherchais à avoir le contrôle sur quelque chose. J’avais maintenant le contrôle sur ce que je mangeais et ça, ça me sécurisait. Malgré le fait que j’étais petite, j’ai perdu beaucoup de poids. Beaucoup trop. Je ne me reconnaissais pas et mon entourage non plus. Mes proches voulaient m’aider, mais ne savaient pas comment m’approcher. Je niais mon problème. D’ailleurs, tant que nous n’admettons pas que nous avons un problème, il nous est impossible de nous mobiliser.

Cette époque de ma vie a duré cinq ans. Cinq années à travers lesquelles je n’avais aucun plaisir à me nourrir. J’étais anxieuse à l’idée de manger quelque chose qui aurait pu me faire prendre du poids. Et ça, ce n’est pas moi. Cette époque fait partie de mon parcours, mais ne me définit pas. Maintenant, je vais bien. Depuis sept ans, j’ai retrouvé la petite fille en moi qui raffole manger ! C’est lorsque j’ai appris que j’allais être maman pour la première fois que tout est revenu comme avant. Je devais bien me nourrir et prendre soin de mon petit amour qui se joindrait à nous. Je ne remercierai jamais assez mon fils de m’avoir permis de mettre un frein à cette problématique et de reprendre ma vie en mains. Si je n’avais pas été enceinte, je ne sais pas combien de temps aurait duré cette période creuse de ma vie.

Si toi aussi tu as une problématique liée à l’alimentation, j’ai confiance en toi. J’ai confiance que tu seras capable de t’en sortir. Ton corps a besoin de nutriments et tu as besoin d’avoir du plaisir en mangeant. Lorsque tu seras prête, je suis convaincue que tu seras en mesure de tout faire pour te mobiliser. Ce ne sera pas toujours facile, mais, crois-moi, ça en vaut la peine.

Sur ce, je vais me faire un Kraft Dinner. Je ne serai pas fière de l’avoir mangé, mais au moins, j’aurai eu du plaisir en le faisant !

Pour de l’aide professionnelle, c’est ici.

Source : Unsplash

One thought on “Manger à sa faim (ou pas)

  1. Ma belle grande, je ne savais pas, ne comprenais pas et je suis profondément désolée de ne pas avoir détecter la souffrance qui t’habitait. Je t’aime, maman !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2020. Tous droits réservés
Conception de site web - Effet Monstre