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La dépression

Mon prochain texte est, pour ma part, un peu plus délicat. Saviez-vous que près de 20 % de la population du Québec, soit 1 personne sur 5, souffrira d’une maladie mentale au cours de sa vie ?

1 personne sur 5, c’est considérable n’est-ce pas ? Pourtant, moins de la moitié des personnes qui souffrent d’une maladie mentale consultent un professionnel.

J’ai lu un statut sur les réseaux sociaux d’un gars qui disait que c’était la dernière fois de sa vie qu’il fréquentait une personne sur les antidépresseurs parce que c’était une folle. Premièrement, c’est une généralisation hâtive, si cette personne était mal dans sa vie, ce n’est pas nécessairement en lien avec une dépression ou si oui, peut-être que la médication n’était pas suffisante. Les commentaires sous ce statut m’ont fait plaisir. Des dizaines de personnes ont répliqué qu’elles prenaient des médicaments, que leur vie allait mieux et qu’au contraire, leurs relations allaient moins bien avant de consulter. J’ai été heureuse de voir que le sujet est de moins en moins tabou et qu’on arrive à le dire sans honte que demander de l’aide, ça aide pour vrai.

Avant de me faire lancer des roches, sachez que je suis au courant qu’une pilule ce n’est pas magique et que d’autres démarches doivent être entreprises pour s’aider. J’ai été longtemps (trop) dépressive avant d’aller consulter. Je me disais que ce n’était pas moi et que ça passerait. J’ai laissé dépérir ma famille, mes ami.es, ma relation avant de demander de l’aide. Une fois le diagnostic posé, il était trop tard. J’avais laissé la dépression me voler peu à peu tout ce que j’avais.

En allant voir mon médecin, tout ce que je voulais c’était des pilules pour être bien. J’étais certaine qu’une fois le pot en main, ma vie redeviendrait belle… erreur ! Je crois que quand l’effet se fait sentir, après quelques jours, c’est une claque au visage. On devient plus rationnel, plus terre-à-terre et on réalise tout ce qui s’est passé depuis le début. Mon plus gros mal-être a été à partir de ce moment-là, mais je devais passer par là pour trouver les solutions afin de me sauver. Après quelques mois, j’étais toujours dans des états de panique et je faisais de l’anxiété chronique même avec une prise constante d’antidépresseur. La vérité, c’est qu’il fallait que je parle. Il fallait que je me libère de mes démons, parler est un remède plus puissant qu’on peut le penser. Cependant, il fallait que soit une personne neutre, qui ne savait rien de moi, de ma situation, de mon passé et surtout qui était sans jugement. Oui, une psychologue.

J’ai tellement été réticente et je voulais dont ben pas y aller, dans ma tête voir une psy c’était signification d’échec. Mais au fond, l’échec c’était de ne pas y aller.

Aujourd’hui, j’écris ce texte un an après le premier help que j’ai lancé. J’ai changé, en mieux. Je suis devenue une meilleure personne et j’en suis fière. Il y a eu beaucoup de répercussions dans ma vie. Je n’ai pas sauvé tout ce qui était parti à la dérive, mais j’ai sauvé l’essentiel : ma relation, ma vie de famille et surtout moi, je me suis sauvée.

Alors quand je lis que les personnes qui consultent sont des lâches ou que les filles qui prennent des antidépresseurs sont des folles, je voudrais crier que c’est faux et qu’au contraire, ce sont les personnes les plus courageuses. J’imagine qu’il faut être touché de près ou de loin pour mieux comprendre.

Il y aura toujours de l’aide pour toi ou pour un proche dans le besoin. Faisons confiance aux professionnels de la santé, ils sont là pour nous.

Crédit photo: Myriam Caron

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