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La « mal-aimée » post-université

Tout le monde pense que quand tu finis l’université et ben, t’es en business pour le reste : enweille par là la carrière, la maison pis tout le reste qui est supposé suivre! Ben, détrompez-vous, ce n’est pas nécessairement une suite logique, j’en suis la preuve vivante et pas juste une fois en plus.

J’ai 19 ans, je feuillette le cahier des programmes universitaires maintes et maintes fois en me disant qu’est-ce que je pourrais bien faire avec mon DEC sans mention (parce que oui, j’ai fait des allers-retours entre sciences nat’ et sciences humaines pour finir par me dire que j’étais tannée d’être au cégep et que je n’aimais aucun des deux : donc 28 crédits spécifiques, 28 crédits de base et j’étais partie). Mon choix s’est finalement porté sur la kinésiologie, un domaine qui alliait bien des affaires. Un déménagement à Sherbrooke, un bac en poche trois ans et demi plus tard et me voilà face à un mur écrit en clignotant rouge : trouve-toi une job! Trouve-toi une carrière!

Ce qui partait mal, c’est que je n’avais pas nécessairement « tripé » sur la kinésiologie. Moi, les gyms, les plans d’entraînement, ouffff ce n’est pas fait pour moi. Donc, comme toute bonne personne qui a fini un bac, j’ai joué à l’imposteur pendant un an : j’ai travaillé dans mon domaine et au moins j’ai eu le bonheur de trouver quelque chose qui « fittait » mieux avec moi. Je m’épanouissais davantage en gestion de projet; donc j’ai décidé de miser sur une maîtrise dans ce domaine.

Maintenant, ma maîtrise est terminée et je vois encore le même mur écrit en clignotant rouge : trouve-toi une job! Trouve-toi une carrière!

C’est tu moi où cette pression de la société est énorme? Je vous jure chaque personne que je rencontre et qui sait que j’ai terminé l’école me demande : pisssss, as-tu une job dans ton domaine? Et chaque fois que je réponds « pas vraiment », j’ai le droit à la face en point d’interrogation.

Oui, je vis de l’angoisse de choisir, oui je vis un stress de me compromettre dans un mode de vie qui est dicté en grande partie et qui dit que quand je termine l’université je dois absolument me trouver une carrière. Mais on dirait que moi, petite personne dans ce monde, j’ai le goût de vivre et de suivre mon rythme. D’écouter mon pace et mon feeling pour décider de ma vie. Je me parle tous les jours pour me dire que j’ai le droit de suivre ma voie et que ce n’est pas parce que j’ai une maîtrise que je dois absolument, right now me trouver LA job qui va être ma vie. J’ai le droit de continuer de faire ma petite job en gestion sportive à 20 h par semaine sous forme de télétravail et de compléter en travaillant dans la restauration parce que c’est ça qui me rend heureuse. Par contre, si vous aviez demandé à la petite fille de 15 ans comment elle se voyait à 26 ans, elle vous aurait probablement répondu : pas pantoute où ce que je suis en ce moment!

Mais toi, personne qui comme moi a un bac, une maîtrise ou tout autre diplôme que tu n’as pas envie d’utiliser tout de suite, ne te sens pas mal de ce que tu fais pour gagner ta vie en ce moment. La société te met assez de pression de même, mets t’en pas toi avec. Fais des choses qui te rendent heureuse et surtout, l’université et l’argent ce n’est pas tout ce qu’il y a dans la vie. C’est kitch en maudit ces paroles de p’tit biscuit chinois, mais pour vrai il n’y a rien qui surpasse le sentiment de liberté qui peut t’habiter quand tu es en quête de TON X. Quand tu vas le trouver, tu vas le savoir, mais il n’a pas de date de péremption CE X, donc donne-toi le loisir de trouver le vrai.

One thought on “La « mal-aimée » post-université

  1. C’est vrai! J’ai 2 bac et une maîtrise à 46 ans je cherche encore quoi faire…misère..
    Mais je vais vers ce qui me rend heureuse! Très bon article réaliste.

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