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Hommage aux immatures de ce monde

Salut, toi. Toi qui croques dans la vie comme si chaque bouchée était ta première, qui vis l’instant présent comme si c’était tout ce qui existait. Toi qu’on somme de grandir, toi qu’on qualifie d’immature.

Je t’envoie plein d’amour. Parce que je trouve qu’on fait la vie dure à l’immaturité, donc à toi. On rappelle tout le temps à l’immaturité qu’elle n’est pas assez, qu’elle est incomplète, qu’elle comprendra quand elle aura mon âge et qu’on est donc mieux parce qu’on est « rendu.e ailleurs ».

J’ai envie de lui redorer le blason, de lui donner de l’amour, parce qu’elle en manque cruellement, pauvre petite.

J’aime l’immaturité pour tout ce qu’elle amène de beau. L’immaturité, c’est parfois l’inexpérience, donc la découverte. L’immaturité, c’est courir après les lucioles et admirer un paysage à couper le souffle, c’est expliquer à un garçon de sept ans ce qu’est le féminisme parce qu’il n’est jamais trop tôt pour lutter contre la discrimination, c’est moi-même apprendre d’une fillette parce qu’elle n’a pas encore été brainwashed par une société malade.

L’immaturité, c’est aussi un manque de limites. L’immaturité, c’est offrir un câlin à un inconnu parce qu’on a vu sa peine et qu’on n’a pas détourné les yeux, c’est arriver en retard à l’école parce qu’on a trop pris le temps de vivre en sautant dans les flaques d’eau, c’est rire à en avoir les abdos et les joues raquées, c’est faire confiance que quelqu’un va nous aider et savoir qu’on est formidable même si on a besoin d’aide.

J’aime l’immaturité pour tout ce qu’elle dérange. L’immaturité, c’est l’urgence de réparer ce qui se casse, c’est la mitraillette de questions sans quoi le monde n’a aucun sens, c’est toute cette énergie déployée pour atteindre des rêves, c’est ces rêves qui n’ont rien de réaliste aux yeux des adultes, c’est refuser toute forme d’injustice, c’est la certitude que le temps perdu à avoir du plaisir n’est jamais perdu, c’est le moment présent qui seul compte.

L’immaturité, c’est aussi des grosses émotions. C’est cette colère qui fait arrêter le monde de tourner pour qu’on se concentre sur son bien-être, c’est cette euphorie contagieuse qui tire même un sourire aux plus grognon.nes, c’est cette tristesse si empathique et libre de toute honte qu’elle nous fait parfois même nous demander pourquoi on ne se donne plus le droit de la vivre, cette peine qui nous habite aussi.

J’aime l’immaturité pour tout ce qu’elle simplifie. L’immaturité, c’est le refus de toute forme d’injustice, c’est s’excuser parce qu’on sait qu’on a mal agi, c’est guérir de notre chute parce que quelqu’un l’a vue et en a pris soin, c’est dire tout haut tout ce qu’on pense, c’est chaque jour décider si on reste ami.es ou pas, c’est penser d’abord à notre bien-être mais sans jamais oublier celui de toutes les personnes qu’on croise.

Je trouve qu’on fait la vie dure à l’immaturité. C’est littéralement défini comme la caractéristique de ce qui n’a pas atteint son plein développement. Ça sous-entend que le plein développement est possible et souhaitable pour toustes. Et si on laissait aller ces présupposés et reconnaissions que chaque être humain peut vivre un parcours qui lui est propre, serions-nous si mal pris.es que ça avec des gens en constante évolution qui aspirent à le rester tout au long de leur vie ?

Moi je te dis merci, comme à toutes ces personnes immatures et fières de l’être. Vous colorez la vie de beau et de vrai. Vous êtes des rayons de soleil. Stay gold, la gang.

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