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J’aurais aimé qu’on me donne le choix

Le savais-tu, quand tu étais enfant, qu’une femme a le choix de s’épiler ou non et de sortir sans maquillage? Parce que dans mon cas, je ne le savais pas. Ça m’a comme été imposé. Je recevais plein de maquillage en cadeau lorsque j’étais toute petite et, en vieillissant, je voyais toutes les autres filles de mon âge se maquiller. 

Pour renchérir, ma pilosité fournie s’est développée dès le milieu du primaire, me complexant au max (j’avais littéralement une « touffe » sur les aisselles à 9 ans). Sans me demander mon avis, ma mère a essayé tous les moyens pour me départir de ma pilosité, comme si elle n’était pas la mienne : crème dépilatoire, cire, crème pour décolorer mon poil, etc. 

Pendant longtemps, je ne pouvais pas sortir sans maquillage et, surtout, je me rasais les aisselles tous les jours (ça repousse vite!) et les jambes plusieurs fois par semaine.   

Je ne blâme pas ma mère parce que je sais que c’est comme ça qu’elle a grandi : une femme se maquille et n’a pas de poil. 

C’est ça le plus triste : que ce soit quelque chose d’obligatoire, une norme sociale. Même moi, pendant longtemps, je ne savais pas que j’avais le choix. Je ne me posais simplement pas de questions. Je me faisais du mal autant mentalement, en étant complexée, que physiquement, en me faisant « brûler » au laser (oui, j’ai été jusque-là). 

Et beaucoup de filles et de femmes ne savent pas que le maquillage et l’épilation ne leur sont pas imposés. Aussi ridicule que cette phrase puisse sembler, elle est bien vraie. 

Bref, quand j’étais jeune, j’aurais aimé qu’on me donne le choix. J’aurais aimé savoir dès le début que mon corps m’appartient, que si je mets du maquillage, c’est parce que j’en ai envie et que si je ne me rase pas les jambes en été, je ne suis pas marginale. 

J’aurais aimé éviter toutes ces années, pendant mon enfance, mon adolescence et ma jeune vie d’adulte, à complexer, à me priver de mettre des shorts ou une camisole en été. 

J’aimerais qu’on cesse maintenant de marginaliser le corps féminin et de prôner la nécessité de le travestir comme s’il ne pouvait pas être beau tel qu’il est. 

Que tu aies 7, 17, 27 ou même 77 ans, sens-toi belle et libre même sans maquillage et même avec ton poil. 

Que tu veuilles t’épiler ou non, te maquiller ou non, sache que c’est ton choix et non celui des autres.  

Source : Unsplash

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