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Ôde à toi, humain.e hypersensible

Intense,
braillard.e,
soupe au lait,
fou/folle,
tu prends les choses trop à cœur,
tes trop sensible.

Ce sont des énoncés qui te sont souvent collés à la peau aux yeux des autres et parfois même aux tiens.

Ôde à toi,
fleur fragile,
feu de braise,
cœur en trop plein à temps plus que partiel.

Ce sujet qu’est l’hypersensibilité m’a demandé de réfléchir longuement sur l’angle avec lequel j’avais envie d’écrire mon texte. On parle souvent des traits qui démontrent que l’hypersensibilité est une faiblesse, une défaillance, une folie avec soi-même étant difficile à vivre et à comprendre. Mon souhait est qu’à la fin de ce texte, on puisse garder en tête que c’est aussi une très grande force. J’ai le privilège, grâce à ma plume, de prendre un moment pour remercier tous.tes les hypersensibles de ce monde d’exister et d’ajouter de la beauté, de l’intensité et de la sensibilité dans un quotidien.

Quand j’étais plus jeune, je me sentais constamment prisonnière de mes émotions, de ma sensibilité, de mon cœur, de mon corps et de ma tête. Être hypersensible lorsqu’on vit une situation plus difficile peut nous amener à nous sentir tellement piégé de l’intérieur que l’on fige et on en perd le contrôle. C’est déstabilisant, on peut même croire que l’on a un défaut de fabrication par ce sentiment d’être défectueux.

Empathie

  • Ton empathie parfois démesurée flirte plus souvent qu’autrement avec la sympathie. Le regard et l’attention que tu portes aux autres font une différence positive dans tes rencontres, dans tes échanges et dans les situations auxquelles tu fais face. Savoir garder en toi cette compassion et cette bienveillance sans franchir la ligne de la sympathie est un travail personnel quotidien qui te demande beaucoup d’efforts et d’énergie mais n’oublie pas que des personnes comme toi, il n’y en aura jamais assez.
  • Il y a une expression qui dit : « Mes souliers ont beaucoup voyagé. » Dans ton cas, tu voyages souvent dans les souliers des autres. Tu te mets à leur place, tu penses souvent pendant plusieurs jours à cette personne que tu as croisée qui n’allait pas bien, à ce chien qui semblait seul, à cette mère qui pleurait d’impuissance avec son bébé dans les bras au centre d’achat.
  • Tes relations avec les autres sont souvent affectées par la vibe et l’énergie que tu ressens près d’eux. Tu vivras souvent dans le ressenti et dans l’attention des émotions des autres.

Dualité

  • Une dualité t’habite en permanence, celle qui marie contradictoirement ton besoin d’ouverture à l’autre et ton besoin de solitude. Tu as cette soif continuelle de changer le monde, de te sentir vivant.e et utile tout en tentant de prendre une distance et un break de toute par une personne qui feel toute.
  • Les fortes stimulations visuelles et/ou sonores te rendent souvent inconfortables. Tu préfères parfois vivre ta journée les rideaux fermés, profiter de ta vie le matin ou la nuit lorsque tout est plus calme et que les foules sont encore endormies. L’isolement est une façon de prendre soin de toi, de vivre mieux et de te protéger en dosant tes interactions avec les humains, la société et les bruits.

Militantisme

  • Un sentiment d’impuissance t’envahit parfois et te fait frôler la folie mais cela te rend créatif.ve, fort.e, militant.e. Ta soif de justice sociale, ton besoin de parler fort, de crier, de défendre, de protéger plus petit ou plus vulnérable que toi est important.

Musicalement parlant

  • L’enivrement qu’aura sur toi les arts, la musique, un simple musicien que tu croises dans le métro ou l’ivresse qui t’habite dans un spectacle et qui te rend muet.te tellement ton bonheur est loud par en-dedans rend certains moments si précieux, fragiles, touchants, larmoyants, intemporels.

Bienveillance

  • T’as de la difficulté à supporter les disputes et les reproches. Les confrontations t’ont appris à parler aux gens avec douceur, bienveillance, à choisir tes mots pour ne pas déplaire mais aussi pour ne pas blesser. Il faut apprendre à ne pas t’oublier là-dedans, c’est normal de déplaire parfois aux autres, de dire non ou de se prioriser.

Prendre soin de toi

La phrase suivante est selon moi le concept qui m’a appris à m’aimer entièrement pendant mon processus : plus tu comprends et acceptes ton hypersensibilité sans tenter de la faire taire, moins les aspects difficiles ne prendront de contrôle et d’amplitude sur ta vie et sur toi-même.

Entoure-toi d’humains qui vont apprécier ce côté de toi. Ni pour en profiter, ni pour t’invalider ou te le reprocher, mais bien pour t’apprécier dans tout ce que tu représentes.

J’ai un ami qui m’accompagne souvent à distance dans des discussions qui me font cheminer, réfléchir, exister. Quand il sent que je frôle les limites de la sympathie et que je m’enfonce dans une tristesse imminente avec des scénarios et des pensées plus lourdes, il me dit le plus simplement du monde avec sa grosse voix bienveillante : « Empathie, empathie… » Ces simples mots dits par quelqu’un que j’estime arrivent à me faire réajuster mes voiles en quelques secondes sans m’avoir invalidée dans ce que je ressentais. C’est facile de se noyer dans son hypersensibilité ou de laisser les autres nous noyer dans leur incompréhension de notre personne. Ça en prend, des humains autour de soi qui vont nous accompagner là-dedans et nous aider à tenir le fort le temps que la tempête passe.

Garde ton intuition.

Garde la beauté et la vision avec laquelle tu vois la vie et les humains.

Garde ton côté militant et engagé si précieux pour l’avancement de notre société.

Préserve ton énergie et tes efforts pour les personnes qui méritent de grandir et d’évoluer près de toi grâce à ce côté magnifique qui t’habite.

« Devenir humain est une conquête quotidienne et celle-ci passe par la fierté d’être sensible. » – Saverio Tomasella

5 thoughts on “Ôde à toi, humain.e hypersensible

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