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Pourquoi partir faire un voyage de grande randonnée en Europe

« Donc, tu t’en vas prendre une petite marche! », disait ma mère, à la blague, avant que je parte pour mon premier chemin de Compostelle en 2017.

Oui, je m’en allais prendre une marche, mais elle était loin d’être petite! Quarante-deux jours plus tard, je rentrais chez moi après avoir traversé l’Espagne au complet à pied, depuis Irún jusqu’à Finisterre, pour une distance totalisant 1000 kilomètres. Cet été-là, j’ai vécu une des aventures les plus incroyables de ma vie. Et ce coup de foudre que j’ai eu pour le chemin de Compostelle – qui est l’un des nombreux chemins de grande randonnée en Europe – m’a poussée à repartir marcher un autre chemin en 2018, puis à aller me balader sur la Via Francigena en Italie, en 2019. Et c’est loin d’être fini. Où irai-je marcher en 2020?


Crédit : Marion Gingras-Gagné, Camino del Norte, Espagne, 2017.

C’est sûr qu’au début, c’est confrontant. Les distances à parcourir en une journée sont intimidantes, les pieds peuvent faire mal, la chaleur est souvent accablante et il faut gérer sa motivation tout en acceptant l’inconfort. On ne peut pas toujours réserver les gîtes à l’avance et il arrive qu’il y ait des imprévus. Mais peu à peu, notre corps s’assouplit, nos réflexes se développent et l’inconfort s’estompe. On en vient à avaler les kilomètres et les kilomètres… et, sans trop s’en rendre compte, on arrive, finalement, à la fin.


Crédit : Marion Gingras-Gagné, Camino del Norte, Espagne, 2017.

Qu’est-ce que ça prend, pour partir marcher? Un packsac pas trop rempli, des bonnes chaussures de marche, un imperméable, de quoi pouvoir transporter deux litres d’eau et, sérieusement, pas grand-chose d’autre – il faut se rappeler qu’on doit porter tous nos biens sur notre dos, tous les jours. Et du côté physique? Bien qu’il faille s’entraîner un peu avant de partir, le chemin est accessible à tout le monde, pas besoin d’être un randonneur expérimenté. Chacun trouve simplement le rythme qui lui convient – le chemin, surtout, n’est pas une course.

Mais outre ces considérations plus techniques, marcher un chemin de grande randonnée est incroyablement fantastique pour plein de raisons. En voici cinq pour lesquelles je vous encourage à faire le grand saut et à vous acheter au plus vite un billet d’avion pour l’Europe.


Crédit : Marion Gingras-Gagné, Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, France, 2018.

  1. Pour ralentir

En cheminant à quatre kilomètres à l’heure, on n’a pas le choix de ralentir, le rythme de la marche nous l’impose. Ainsi, on en vient à adopter une tout autre attitude face aux imprévus, à l’ennui et à la solitude, tournant le dos à la vitesse de nos vies mouvementées. Mais plus encore, la marche transforme notre expérience du territoire : on a le temps de vraiment regarder le paysage et de s’en imprégner avec lenteur.

  1. Pour revenir à l’essentiel

On se rend compte qu’au fond, on n’a pas besoin de grand-chose pour être heureux dans la vie. Sur le chemin, on porte les mêmes vêtements tous les jours, on n’a qu’une paire de chaussures et aucun produit de beauté, de toute façon, on est toutes et tous dans le même bateau et personne ne va nous juger. Il faut dire, aussi, qu’on est loin de notre vie académique et professionnelle remplie de millions de distractions et de to-do lists interminables. Sur le chemin, nos seules préoccupations sont le logement, la nourriture, l’eau et le soin de nos muscles endoloris. Cette simplicité de vie nous reconnecte avec nous-mêmes et avec les choses qui sont vraiment significatives. Du coup, la simplicité, l’authenticité, le partage et l’amitié sont ce qui nous porte au jour le jour.


Crédit : Marion Gingras-Gagné, Camino del Norte, Espagne, 2017.

  1. Pour rencontrer des gens marquants

Il faut dire qu’on vit pas mal d’émotions, sur le chemin, et c’est peut-être ce qui favorise à ce point les rapprochements et les amitiés entre nous. Ce qui est sûr, c’est que mes voyages de grande randonnée m’ont permis de rencontrer des gens qui m’ont marquée durablement, plus que dans n’importe quel autre contexte de voyage. Parfois, des groupes se forment pour cheminer. D’autres fois, on ne fait que se retrouver, soir après soir, dans les auberges, et là, on se raconte nos aventures et ce par quoi on a passé ce jour-là. Dans tous les cas, les liens qui se forment sont d’une force incroyable.


Crédit : Marion Gingras-Gagné. Camino Francès, Espagne, 2018.

  1. Pour voir du pays

En marchant de cette façon pendant plusieurs jours, on traverse un nombre incalculable de villes, de villages et d’autres petits bleds, on monte des montagnes, on traverse des régions entières à pied, on voit des points de vue dignes des célèbres magazines de voyage… au final, au compteur, on en a vu, du pays! Et on a aussi vraiment l’impression d’avoir voyagé, pour de vrai.


Crédit : Marion Gingras-Gagné, Lucques, La Via Francigena, Italie, 2019.

  1. Pour voyager autrement

La marche permet de prendre des chemins escarpés impraticables en voiture, de traverser des villages qui n’ont pas vraiment de routes principales, de s’arrêter pour voir comment vivent les gens, de se promener en forêt, en montagne ou près de la mer. Non seulement la marche amène une proximité avec les paysages, les gens et les éléments (pluie, vent, soleil), mais elle permet une réelle traversée des territoires. On n’arrive pas dans une ville en deux minutes comme en avion, d’un coup de baguette magique, non! On y entre par un bout et on en sort par l’autre, on observe le changement dans la végétation, l’effacement des montagnes, etc. Et on peut s’arrêter à sa guise, parler aux gens, prendre un café, observer la mer, s’attarder aux endroits qui nous touchent. Et rien ne vaut le bonheur d’arriver enfin à ta destination après 25 km de marche et de sueur!


Crédit : Marion Gingras-Gagné, Camino del Norte, Espagne, 2017.

Crédit de la photo de couverture : Marion Gingras-Gagné, Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, France, 2018.

One thought on “Pourquoi partir faire un voyage de grande randonnée en Europe

  1. Bonjour,

    Idem pour ma part.
    2019 : Liège (Belgique)_ Compostelle (4mois) par Vezelay / Littoral et Norte
    2020 : Arlon (Belgique) _ (en cours) Fisterra / Muxia par voie Lorraine / GR 7 / GR 765 / Stevenson / voie du Piemont et Frances + Primitivo + Bazkan.

    2021 … à voir 🙂

    Donovan
    Infirmier Pèlerin Baroudeur belge

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