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S’excuser cent fois

Parfois, j’aimerais être de ces personnes qui ne s’excusent jamais.

Celles qui foncent dans la vie et qui se foutent un peu d’écorcher les autres.

Moi, quand je m’excuse, souvent je ne le pense pas. Je lance mes pardons à toutes les sauces juste parce qu’on m’a dit de le faire. On m’a dit que c’était poli et qu’il fallait repentir quand on faisait quelque chose de mal. Sauf que je m’excuse même quand je ne fais rien. C’est que je m’excuse un peu tout le temps et ça ne m’apporte absolument rien, pas même une bonne conscience.

Je suis le genre de personne qui s’excuse constamment d’exister.

Navrée de parler fort, navrée que tu me sois rentré.e dedans, navrée d’être une femme, navrée de respirer, navrée de mon corps, navrée d’avoir envie d’être toute seule, navrée d’annuler à la dernière minute. Parfois, je réalise que ça me gosse. Parfois, je travaille fort fort sur moi pour ne plus le faire. Parce que je ne trouve pas ça juste pour moi ni pour l’autre à qui je me repentis.

Parfois, j’attends juste que quelqu’un me dise « Ben voyons, excuse-toi pas pour ça. », comme quand on s’excuse à nos ami.es parce qu’on arrive les cheveux gras.

Souvent, je voudrais plus avoir le réflexe des pardons. Je voudrais pouvoir y penser avant de faire mes excuses. Si ce n’était pas autant automatisé, je prendrais une journée ou deux à savoir si ça vaut vraiment la salive que je vais y mettre.

Sauf que je continue à choisir le chemin facile. Je lance des pardons à qui veut bien les entendre, comme si j’allais être plus propre après. Je fais semblant de me sentir un peu mal juste pour me rendre crédible. Je fais semblant que j’aimerais ravaler mes mots, que je ne le pense pas vraiment. Je continue à ne pas assumer. À ne pas m’assumer.

À avoir peur du regard des autres, comme si le fait qu’ils ne m’aimeront peut-être pas pesait lourd dans ma tête. Comme si c’était grave que la personne qui me rentre dedans dans la rue ne me trouve pas fine. Comme si c’était grave que je ne sois pas toujours fine tout le temps.

On a le droit, des fois, d’être en criss. On a encore plus le droit de se respecter et de ne pas se mettre à genoux sans cesse. On a le droit de parler fort, de trouver ça drôle, de faire du bruit, de pogner les nerfs et juste d’assumer sans se tortiller de remords.

On a le droit de ne pas s’en faire, juste pour une fois.

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