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Vivre en yoga

Il y a de ça six mois, je commençais à me découvrir d’une façon que je n’aurais pu imaginer. Au courant de mes quarante-trois années de vie, j’avais été curieuse et avais pratiqué le yoga — ou plutôt devrais-je dire les asanas (postures) — sur différentes périodes. Ce que j’ai appris à redécouvrir, cette fois, c’est le courage de regarder à l’intérieur de moi. Cet endroit vers lequel on ne se tourne pas souvent, par crainte de ce que l’on verra.

Me voilà donc, à la fin du mois d’août 2019, avec en tête l’idée de prendre de nouvelles résolutions et de changer mes habitudes de vie, entrant pour la toute première fois dans ce studio de yoga sans me douter que j’y serais presque chaque jour pour les six mois suivants. Au premier regard, j’ai découvert un endroit lumineux et paisible situé à l’intérieur d’un vieil édifice aux murs de brique et aux planchers de bois meurtris par le temps, ses plafonds si hauts qu’on arrive à les oublier et des lustres dessinant des formes dansantes sur les murs la noirceur venue. Je me suis humblement assise sur mon tapis de yoga et j’ai patienté jusqu’à ce que l’aventure commence. Je tiens à préciser que j’étais au parfait endroit au meilleur moment. Les professeurs et la communauté au studio où je pratique sont le reflet exact de vivre en yoga : se souciant de chaque détail — lumière, odeur, musique, environnement — et prônant l’acceptation de soi dans son entièreté. Les gens et l’ambiance y sont chaleureux et enveloppants. Il s’agit pour chacun de trouver sa place, celle qui correspond à ce dont ses sens ont besoin. J’ai donc commencé à pratiquer, à retourner sur mon tapis aussi souvent que possible. J’ai ouvert mes oreilles, mon cœur et mes sens. Je me suis imprégnée chaque fois un peu plus des sensations que m’apportait ma pratique. J’ai aussi vite eu envie d’en savoir plus, de découvrir la culture très ancienne qu’est le yoga. J’ai alors entraîné mon esprit à changer ma façon de voir la vie.

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Crédit photo: Ian Stauffer (Unsplash)

À partir de ce moment et aussi souvent que mes occupations de maman et de répartitrice en centre d’appel d’urgence me le permettaient, j’ai prenais mon tapis, qui est vite devenu mon meilleur ami, et je me dirigeais vers ce lieu de paix qu’est l’endroit où je pratique. Mon corps et mes muscles n’avaient pas autant travaillé depuis un moment, ce qui m’a demandé du courage. J’aime bien les défis et porter toute mon attention sur le moment présent s’est changé en habitude que j’ai appris à adopter à l’extérieur du studio. Je prenais enfin du temps pour moi. Je m’offrais ce cadeau en donnant à mon corps une pause qui est vite devenue essentielle. Mon corps a rapidement gagné de la force, ce qui a permis à mon esprit de prendre plus d’espace. Les mouvements sont devenus familiers et plus faciles, ce qui m’a ouvert à une autre dimension. Mes yeux étaient plus souvent fermés et je m’intériorisais. Sans effort, sans que cela fût planifié. Les mots qu’on me soufflait, le chemin sur lequel on me guidait étaient naturels. L’énergie commune prend une place importante ; ça donne un peu l’impression que tout devient aisé. Respirer à fond, du début jusqu’à la fin. Oxygéner ses cellules. C’est ce que l’humain devrait faire de mieux, mais on oublie de respirer convenablement. C’est surprenant, quand même… Pour ma part, je n’oublie jamais de me remercier pour le temps de pause, d’offrir ma gratitude à mes guides, aux êtres supérieurs, à mes anges, à mon père et finalement, à la terre (Mama Gaïa) pour tout ce qu’elle a de merveilleux à nous offrir. Ça m’enracine et me permet chaque fois un nouveau départ. J’apprends à méditer aussi. Ça me donne la chance de m’ancrer encore plus. D’apprendre à laisser passer comme sur le courant d’une rivière les pensées, les préoccupations, tout ce qui ne fait pas partie de l’instant présent.

C’est une pratique dans laquelle j’évolue. Mes sens, mes blessures et mes traditions me font encore réagir de façon spontanée et négative à l’occasion, mais les enseignements du yoga me donnent espoir. Mon attention a été, au courant de ma vie, dirigée à certains endroits qui m’ont fait perdre des énergies précieuses. Aujourd’hui, enfin, j’ai une chance de trouver à travers cette démarche une existence heureuse et positive. J’accepte ce qui se présente à moi en étant humble (presque tout le temps…!). 

Namaste.

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Crédit photo: Benjamin Balázs (Unsplash)

Crédit photo: Jannes Jacobs (Unsplash)

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