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J’ai cuisiné pour prendre soin de moi

Le congé forcé provoqué par l’épidémie actuelle s’est manifesté, pour moi, au même moment qu’un trop plein de travail. Quelques jours avant l’annonce, j’en étais à essayer de mener de front plusieurs projets académiques, engagements et contrats, et j’étais littéralement épuisée. Je n’avais pas le temps ni l’énergie de me faire à manger, alors j’avais acheté des collations toutes faites à l’épicerie et je mangeais beaucoup de plats pour emporter. J’étais overloadée et j’avais besoin de prendre une pause – ce que, ironiquement, l’épidémie m’a offert, en quelque sorte. Sans arrêter de travailler, j’ai pu ralentir un peu, et ça m’a aussi fait prendre conscience que je devais prendre plus soin de moi au quotidien.

Un petit mot avant de continuer : on m’a souvent jugée sur la manière dont j’organisais mon horaire et sur les choix que je faisais pour mon travail et mes études. Dès que je suis fatiguée, on me dit : « Tu vois, tu en fais trop. » Ça m’énerve! Parfois, mon agenda est très rempli parce que j’ai des projets et des contrats dont les échéances arrivent en même temps. Souvent, il s’agit d’opportunités intéressantes que j’ai acceptées même si ça faisait beaucoup, parce que je voulais absolument y prendre part. Parfois, j’accepte des contrats quand on m’en offre parce que je ne sais pas quand viendront les prochains. D’autres fois, je rends service à des ami.es. D’autres fois, c’est juste la fin de session et j’ai, en même temps que mes propres travaux, des contrats d’auxiliaire. Des fois, je suis juste vraiment enthousiaste pour des projets, mais qui finissent par s’éterniser beaucoup trop. La plupart du temps, ces périodes de rush arrivent, puis passent. Ça fait partie de ma vie. Et, oui, ça arrive que je calcule mal mes affaires et que je me retrouve avec des périodes pendant lesquelles je travaille un peu trop.

Ce que je veux dire, avec tout ça, c’est que j’ai parfois l’impression qu’on juge facilement les autres sur leur mode de vie sans vraiment savoir comment ils ou elles le gèrent. Et mon petit doigt me dit aussi qu’on a malheureusement tendance à être agacé.es par les femmes qui ont de l’ambition et qui mettent le travail au premier plan de leur vie. On leur dit qu’elles ne sont pas capables de prendre soin d’elles-mêmes et qu’elles « exagèrent ».

Bref, je ne pense pas que j’exagère, mais j’avais effectivement besoin d’une pause, parce que les dernières semaines m’en avaient beaucoup demandé et j’étais épuisée. Faute de mieux, j’ai décidé de saisir le positif de cette situation de crise que nous vivons pour le réinvestir en temps pour moi.

En ce sens, j’ai décidé de me remettre à cuisiner. C’est toujours la chose que je néglige quand je suis trop occupée. Mais là, j’avais l’occasion de m’y remettre, de me réapproprier cette habitude que j’aime. Et ça m’a fait un bien fou.

Je me suis fait des plats que j’aime, remplis de légumes bien apprêtés. J’ai cuisiné des desserts au chocolat. J’ai préparé des poké bowls avec des dizaines d’ingrédients succulents. Mes papilles s’en sont trouvées ravies, bien sûr. Et moi aussi.

Mon défi pendant les prochaines semaines : continuer à me faire à manger et prendre le temps de le faire. C’est important. Parfois, tout ce qu’il faut, c’est une petite pause pour réaliser qu’on aime vraiment faire quelque chose.

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