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Revenir à son amour de jeunesse

C’est drôle. Je n’aurais jamais pensé pouvoir dire ça un jour, mais mon amour de jeunesse est mon partenaire de vie depuis maintenant un peu plus de deux ans. Nous allions au secondaire ensemble. Je me souviens que tout le monde pensait déjà à l’époque que nous étions faits pour être ensemble. Pourtant, nous avons eu besoin de toutes ces années pour le découvrir. Ou peut-être l’avons-nous toujours su, mais que nous n’étions pas encore prêts? Je ne pourrais pas dire. Ce que je sais, cependant, c’est que je l’aimais déjà. Était-ce réciproque ? Je l’ignorais. Mais je croyais en ce sentiment. De toutes mes forces.

Je ne comprenais pas mes amies qui se posaient mille questions pour essayer de comprendre si elles étaient amoureuses. Mon amour pour lui m’apparaissait comme une évidence. Comme bien d’autres, cependant, j’avais peur d’être rejetée. Lui et moi étions amis, parfois même un peu plus proches, mais notre relation n’était pas clairement définie. Il n’était jamais bien loin. À certains moments, d’autres filles traversaient sa vie. Il s’accrochait à certaines relations et je ne savais pas toujours où me mettre. Qui étais-je dans sa vie ? L’héroïne qui doit être réunie avec son prince charmant, ou le personnage secondaire qui fait ombre au véritable couple de l’histoire ? Il m’a fallu vivre de nombreux chapitres de la nôtre avant de connaître le rôle que j’y jouais.

Je me répétais constamment que le temps passerait et que son image me sortirait de la tête. Et pourtant, une petite voix dans mon coeur me disait de continuer à croire que nous avions quelque chose de spécial. Cette petite voix me torturait. Pire encore, cette petite voix m’empêchait d’avancer, de faire ma vie. Tant et si bien qu’au moment même où je n’entrevoyais plus de vie sans lui, j’ai décidé de faire mon chemin de mon côté. Durant cinq ans, nous nous sommes éloignés. Nous avons fait nos vies chacun de notre côté. Pour la première fois, j’ai appris à vivre sans lui. J’ai rencontré d’autres personnes. Je suis tombée amoureuse à nouveau. J’ai découvert qu’il y avait une vie sans lui, et plus encore, que cette vie pouvait être belle et heureuse.

Les choses auraient pu rester ainsi, mais ce ne fut pas le cas. Nous sommes retournés l’un vers l’autre. Pourquoi ? Certains diraient que c’était le destin, d’autres, le hasard. Pour être complètement honnête, moi, je ne sais pas. C’est juste arrivé. Et maintenant que j’avais découvert que la vie continuait sans lui, je savais, ironiquement, que je pourrais être avec lui. Au fil des mois qui ont suivi nos retrouvailles, j’ai compris qu’il s’était senti exactement comme moi durant toutes ces années. Je l’avais probablement vu au fond de ses yeux par le passé. Or, je savais maintenant que ça n’avait pas seulement été un mirage. C’était vrai.

Aujourd’hui, quand les gens qui nous connaissaient à l’époque me disent que c’était évident, j’ai toujours un peu envie de rire. C’était tout sauf évident. C’est vrai que les amours de jeunesse qui durent sont idéalisés. On les imagine comme les histoires que l’on voit dans les films ou dans les romans : des histoires parfaites où l’amour est pur, naïf. C’est l’amour des premières fois, après tout. Pourtant, ce genre d’histoire n’existe vraiment que dans les fictions. Dans la vraie vie, comme dans toutes les autres relations, il faut travailler à deux pour y arriver. Dans la vraie vie, il faut apprendre à surmonter ensemble les coups durs, les blessures, les défis que nous envoie la vie. Je me sens choyée d’être arrivée assez tôt dans sa vie pour l’aimer alors que nous n’avions rien : pas de diplôme, pas de carrière, pas de biens matériels, pas d’expérience. En somme, pour pouvoir l’aimer dans toute la naïveté inhérente à la jeunesse. Je remercie la vie pour ce merveilleux mélange de circonstances et de persévérance.

Évidemment, je ne connais pas la fin de notre histoire. Il me faudra toute une vie pour la découvrir. L’expérience me dit d’avoir confiance. Je nous souhaite de continuer à nous aimer au travers des moments heureux comme des moments difficiles. C’est la beauté d’une relation à une époque où on a tendance à jeter plutôt qu’à réparer. Pour le meilleur et pour le pire, dit-on. Je vais continuer à y croire. De toutes mes forces.

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