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Et on se promet de ne pas être comme tout le monde

J’en veux à tous les films de la terre de nous avoir promis une vie grandiose. D’avoir imprégné dans le creux de nos cœurs l’utopie d’une vie extraordinaire. On a écouté trop de films où le personnage principal réalise ses plus grands rêves en moins de deux heures.

Ça nous a conditionnés à toujours chercher plus loin quelque chose qu’on ne saurait même pas décrire.

Ça a fait de nous des gens qui s’imaginent souvent gagner la loto, mais qui n’achètent jamais de ticket.

Jeune, on se promet de pas être comme tout le monde. On se promet une vie digne d’une histoire rocambolesque. On s’imagine des périples dans plus de quatre coins du monde et des histoires d’amour avec des gens de la royauté.

On vieillit et on s’haït de garder notre même code postal. On s’accroche en se disant qu’on a encore le temps, que notre grandiose s’en vient tranquillement.

Qu’au fond, on a juste 23 ans.

Sauf qu’aujourd’hui, j’ai envie de me dire le contraire.

J’ai envie de me dire que c’est correct aussi d’être excitée pour des nouvelles assiettes ou pour son premier appartement. Que c’est correct de suivre des étapes claires pour soi. Que ça fait rien d’être comme tout le monde, que c’est même rassurant.

J’ai envie d’enlever toute la pression qui vient avec le temps qui passe. D’enlever la pression de devenir quelqu’un tout de suite, au pire ça ira à demain.

J’ai envie qu’on se rappelle que l’important c’est tout l’amour qu’on porte aux choses banales de notre quotidien. Que parfois se lever le matin c’est assez pour devenir quelqu’un.

Je suis reconnaissante pour les toutes petites victoires quotidiennes, pour les peines d’amour d’ado, pour les après-midi zéro productifs, pour les soirées que je me souviens plus, pour les voyages dans le sud sans grosse aventure, pour mes amies plus grandioses que n’importe quel film, pour mes vêtements mous, pour tous les livres que j’ai jamais finis, pour les  débuts de roman que j’ai écrit, pour les recettes manquées, pour les jours où je choke pas mon entraînement, pour toi, pour toutes les petites choses douces, pour la musique en écho qui habite mon monde.

Et c’est dans le confort de notre appartement qu’on réalise que le grandiose, c’est pas grand-chose finalement.

Et un jour on ne comparera plus jamais nos vies à celles des personnages de film.

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