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Le coronavirus ne donne pas d’ailes

On est nombreux à avoir perdu nos jobs et à capoter un peu. On va se le dire, C’EST CAPOTÉ!

J’ai beau m’efforcer d’être positive et de profiter de la situation pour pratiquer l’introspection et la créativité sans pression, l’overthinking prend pas mal de place. – Bon… le fait que mes voisins d’en-dessous font jouer All by myself de Céline Dion sur repeat depuis une demi-heure n’aide pas tant la gestion de mes émotions, on va se l’dire.

Rire, pleurer, rire parce que j’ai pleuré.

Scroller. Lancer mon cell à bout de bras.

Oublier quelques minutes. Me souvenir.

Être reconnaissante. Me rappeler que ça va aller.

Penser à ceux qui changent le monde. Penser à Sam.

Mon ami Samuel ne travail pas dans une épicerie, ne fait pas de bénévolat et n’est pas médecin non plus. Et pourtant, il a lui aussi « sauvé des vies ». Et pourtant, personne n’a été applaudir ses exploits sur les balcons. Et pourtant, Sam ne s’en plaindra jamais. Et pourtant, moi je trouve ça un peu triste quand même. – Bon… les voisins viennent de switcher à Charles Aznavour ça parait-tu?

« Ouin mais Aïcha, c’était pas juste ma job. »

Sam est agent de bord pour Air Canada. J’ai failli écrire « était » puisqu’il a été mis à pied récemment, mais ce ne serait pas juste. Sam porte ses ailes avec une fierté et un sentiment d’appartenance qui va bien au-delà du fait d’aimer son travail. C’est par PASSION qu’il est devenu un employé des services aériens.

Je ne sais pas pour vous, mais moi j’étais bien heureuse de ne pas avoir à subir l’environnement toxique et stressant des aéroports et des avions quand les frontières ont commencé à fermer. Je n’aurais pas pris l’avion, même si on m’avait payé pour le faire. Le truc avec la PASSION, c’est que, pandémie ou pas, ça reste. Au-delà de la peur, au-delà du risque. Et donc, Sam et des milliers d’autres braves ont rapatrié nos familles et nos amis. Il me semble que ça mérite des remerciements, non? (Veuillez dire merci à voix haute.)

« Avec le sourire t’sais, tu m’connais. »

Sam a toujours été souriant. Du genre à trouver de la joie même là où il n’y en a pas. Il a donc continué à sourire. Sourire dans son uniforme même si les gens pratiquaient la distanciation sociale à son égard avant même que ce ne soit prescrit. Sourire derrière son masque de protection pour assurer la sécurité et le confort des passagers à bord. Sourire et tout faire pour rendre le vol agréable même si des gens sont frustrés, inquiets, légèrement voire pas mal en panique. Avoir à sourire en expliquant à une dame que la xénophobie n’a pas sa place dans l’avion ou ailleurs. Avoir à sourire même quand il n’est plus autorisé à faire du service au client et doit rester à son siège pendant l’entièreté du vol. Réussir à sourire quand la planète à l’impression que le ciel va lui tomber sur la tête c’est un exploit en soi. Il me semble que ça mérite des applaudissements non? (Veuillez applaudir fort.)

Je l’ai dit plus haut, je pratique la gratitude. C’est ce qui m’aide en ce moment. Et donc, c’est ce sentiment affectueux que j’exprime envers tous les agents de bord et membres de compagnie aérienne. À ceux qui ont fait un travail exemplaire avant de rentrer chez eux, BRAVO! À ceux qui n’ont pas été mis à pied, à ceux qui volent encore dans ces conditions extraordinaires, BRAVO!

À mon ami Sam, je t’aime. Et bien franchement, je m’en fous que tu sois basé à Vancouver ou à Tombouctou, après tout ça, on va mériter de se prendre dans nos bras.

Siri, joue-moi donc Love on top de Beyoncé.

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