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Hommage aux agriculteur.trices

Je suis une grande fan de L’amour est dans le pré. Lors des premières saisons, alors que les candidat.es rencontraient leurs prétendant.es, il y avait toujours cette question : est-ce que tu aimes voyager ? Ça me faisait toujours beaucoup rire : les agriculteur.trices ne voyagent pas.

Les agriculteur.trices travaillent dix, douze, quinze heures par jour.

Les agriculteur.trices ne prennent pas de vacances, surtout pas l’été, quand tout le monde souhaite le plus en profiter.

Les agriculteur.trices manquent fréquemment des événements importants : les animaux et les champs n’attendent pas, en tout cas pas tout le temps.

Les agriculteur.trices se lèvent parfois la nuit pour aller vérifier que tout se passe bien, même si c’est l’hiver et qu’il fait -8000 °C… Surtout si c’est l’hiver et qu’il fait -8000 °C.

Les agriculteur.trices, lorsqu’arrive la fin de l’année financière, ont parfois –5000 $ de revenu net et des milliers de dollars de dettes.

Malgré tout, lorsqu’on parle des agriculteur.trices, on est rarement doux : ça pue, ça pollue, ça dérange, ça obtient des subventions [lire avec une voix de mépris]…

S’il y a une chose dont je me réjouis avec l’arrivée de la pandémie, c’est que l’agriculture semble reprendre un peu de ses lettres de noblesse. On parle de souveraineté alimentaire, de circuits courts, d’agroécologie. On se garroche sur les poules pondeuses, on fait du pain, on prépare des semis dans nos appartements. On se rend compte que même si le Québec produit beaucoup, les Québécois.es peinent à trouver des produits locaux sur les tablettes de leurs supermarchés et que si les frontières devaient se fermer complètement, on serait bien embêtés. Entendons-nous : le Québec ne manquerait pas de nourriture. Mais mettons qu’on devrait se r’virer de bord rapidement et réinventer une chaîne qui permet de nous nourrir nous plutôt que le reste du monde.

Alors ce soir, j’aimerais qu’on prenne un instant pour penser à ces personnes qui ont fait le choix de vivre de l’agriculture. Vous ne faites pas un travail facile, mais vous faites un travail nécessaire, maintenant plus que jamais. Le Québec s’est construit, entre autres, avec l’agriculture et mon petit doigt me dit qu’il saura se réinventer par elle également. Merci d’être là pour nous.

Source: Agence Producteurs Locaux Damien Kühn (Unsplash)

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