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À fleur de peau

Je vis des émotions intenses : grande tristesse, grande colère, grande joie, grande souffrance. Je ressens intensément tout autour de moi, souvent sans pouvoir y mettre de mots. Je suis sensible à tout ce qui peut être dit et à toutes les émotions que les autres peuvent ressentir. L’hypersensibilité a toujours fait partie de moi. Ça me faisait sentir loin de la réalité des autres. J’avais l’impression de venir d’une autre planète, avec ma sensibilité à fleur de peau. J’avais de la difficulté à exprimer ce qui était à l’intérieur de moi, donc tout restait enfermé en moi jusqu’à ce que ça explose comme un presto rempli à rebord. Je me suis longtemps jugée d’avoir cette sensibilité, je la voyais comme une faiblesse.

Et puis, à mon rythme, je me suis donnée le droit d’être vraiment triste, d’être vraiment fâchée, d’être vraiment écoeurée et de même vraiment souffrir. Je ne voulais plus fuir toutes ces émotions qui de toute façon revenaient au galop dès que l’occasion s’y prêtait. J’avais peur de devenir un ras de marée en mettant la switch à ON. Heureusement, j’ai vite vu que l’émotion avait une fin. Je les ai apprivoisées une par une. Certaines étaient plus difficiles à vivre, comme la colère. Celle-là, je l’aimais pas pantoute. Elle me faisait perdre le contrôle et me faisait dire des choses que je ne pensais pas. Puis, j’ai vu qu’une colère bien placée m’aidait à m’affirmer et à exister avec ce qui est important pour moi. La tristesse m’a aidée à être sensible à moi quand je vivais des choses difficiles plutôt que de banaliser ou de juger ce que je vivais. Je me suis vue parler de mes peurs, les pleurer et avoir des solutions qui me venaient en tête par elles-mêmes juste parce que je libérais ma tête de toutes ces peurs qui m’emprisonnaient dans mon imagination. Mes ressentis, mes émotions et mes pensées, qui s’étaient entremêlés comme une pelote de laine avec les années, se sont démêlés.

J’ai choisi de me laisser le droit d’être sensible, parce que j’ai vu tout le bien que ça m’apportait d’avoir un mental sain. Je préfère me sentir sincèrement bien dans ma tête que d’avoir peur de déranger. Et j’assume qu’exister avec une partie de moi peut déranger. Je reste sensible aux autres, mais je me permet de les vivre peu importe ce que ça engendre.

Je dis tout ça avec beaucoup d’amour, parce que je suis bien au courant que ce n’est pas facile d’aller visiter cet espace à l’intérieur de soi. J’ai vécu beaucoup de ups and downs en apprivoisant ma sensibilité. J’ai ressenti beaucoup de blocage avec certaines émotions que je n’acceptais pas de vivre, mais la liberté d’être que je touche maintenant vaut tous les sacrifices, si je peux le dire comme ça. J’aime ma sensibilité. Elle fait partie de moi. Je n’ai plus envie de la refouler. Je me sens plus saine que jamais partout dans ma vie, y compris dans mes relations. Je sais ce que je ressens, je me donne le droit de le vivre et de l’exprimer. La plus grande différence que je vois, entre maintenant et avant, c’est qu’en acceptant ma nature sensible, je n’essaie plus d’être autrement. J’accepte que ça fait partie de moi et j’en fais mon allié.

C’est ainsi qu’à petits pas, j’ai appris à communiquer avec mon intelligence affective. Je me suis vue devenir plus authentique et responsable de mes vécus avec moi-même et avec les autres. Et, c’est ce qui me fait sincèrement croire que la sensibilité et les émotions ont ce don de toucher à ce qu’il y a de plus précieux en nous et de nous rapprocher les uns des autres, parce qu’au fond on est tous humains. Je me sens chanceuse d’avoir croisé ces quelques personnes, au cours de ma vie, qui m’ont fait voir toute la beauté et la profondeur d’une personne qui sait parler avec son cœur.

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