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L’amour au temps du Corona – partie 2

1 mois et demi. Une centaine d’heures de discussion. Le déconfinement arrive, tranquillement. Avec ce déconfinement viendra une date. Une date pour enfin se voir. Ça semble normal, mais aussi irréel. Parce que oui, je continue de parler à la même personne, chaque jour depuis le début de tout ce chaos. Encore une fois, c’est tout un mystère de savoir ce qui va se passer. C’était un passe-temps, puis un moment attendu. Ça toujours été bidimensionnel, mais plus les jours passent, plus ça me donne l’impression que c’est vrai. C’est vrai, et il y a des chances que quelque chose de vraiment beau sorte de tout ça.

Déjà, je me demandais pendant combien de temps nous aurions des choses à nous dire. Après une quarantaine (ah ah. C’est pas voulu!) de jours, ce côté-là ne m’inquiète plus tellement. Nous nous sommes prouvés à maintes reprises que les sujets de conversations ne manquent pas. Des sérieux comme la politique, l’état du monde. Des sujets ridicules comme nos pires anecdotes de voyage ou encore nos pires bêtises d’enfant. Des films qu’il faudra écouter ensemble. Des endroits que nous aimons, que nous voulons partager l’un avec l’autre si ils existent encore. Des voyages que nous ferons si. La vie en ce moment se passe au conditionnel en ce qui a trait au futur, on fait avec… Comme nous aimons tous les deux cuisiner, on passe aussi des heures à parler de nourriture et de qui fera quoi après. Ce qui est drôle, c’est aussi de constater que la planification de ce après vient naturellement. Nous avons déjà parlé de comment nos journées vont s’organiser, de nos horaires de travail, de l’arrangement physique de l’appartement pour convenir à nos deux horaires. Parce qu’il y a fort à parier que ce ne sera pas un début de relation dit « normal ». Au moment où on pourra se voir, ce ne sera probablement toujours pas une bonne idée de se balader d’un bout à l’autre de la ville en transport en commun. C’est donc un peu un déménagement dans un des appartements à court terme. C’est excitant et en même temps, je ne vous cacherai pas que c’est stressant.

Nous avons franchi quelques étapes qu’une nouvelle relation se verrait imposer même lorsqu’il n’y a pas de pandémie qui sévit au dehors. Il a rencontré mes amis proches, via une partie de « Cards against humanity » en ligne, j’ai rencontré ses amis de la même façon. Mes amis prennent même des nouvelles de lui. Comme si c’était normal, comme si on se fréquentait « en vrai ». Nous avons aussi parlé de nos défauts, de nos habitudes… Bref, toutes les informations pertinentes pour essayer de faire fonctionner tout ça dans la « vraie vie ».

Bien sûr, il reste un détail. Malgré que tout ça soit magnifique, doux, m’aide incroyablement à passer au travers de cette période bien solitaire, l’aspect physique est plus ou moins entré en ligne de compte. Bien sûr, j’ai vu des photos. Lui aussi. Nous nous voyons tous les jours en discussion vidéo. Mais. Mais qui sait, une fois dans le cadre de porte ce qui va se passer. Je suis assez confiante, mais cette situation est tellement exceptionnelle que comme dans toutes les autres sphères de la vie, il est difficile d’anticiper ce qui va se passer. Je trouverais ça étrange, qu’après tout ce temps, toute cette complicité, ça ne fonctionne pas… Mais ça reste une possibilité. Donc, nous en sommes là, à espérer qu’on ne perdra rien de tout ça, une fois dans le même espace physique, sans trop le nommer parce que je sens que chacun de notre côté, on a envie que ça marche.

Je vous en reparlerai le jour où il sera dans mon cadre de porte. Je me dis qu’au moins, même si ça ne fonctionne pas dans la réalité, cette expérience n’aura été que bénéfique pour moi. Une personne de plus sur qui compter dans une période aussi étrange et incertaine de ma vie. Une personne de plus pour me faire rire et m’encourager dans mes projets. Une belle personne de plus à découvrir, un effet de nouveauté qui apporte tout de même une certaine sécurité à travers le chaos du monde extérieur. Je croise les doigts. J’espère. Comme avec tout en ce moment, je me dis: « On verra ». N’empêche, ce serait une belle histoire de rencontre à raconter, non? À suivre, donc.

Anonyme

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