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Je n’ai pas hâte d’être déconfiné

Je n’ai pas hâte d’être déconfiné, tout comme jamais je n’aurais pensé l’être un jour. Un confinement pour moi, ça n’existait que durant la guerre 39-45 ou dans le film La vita è bella.

Je n’ai pas hâte d’être déconfiné. J’ai seulement hâte que le tout redevienne comme avant, nuance. J’apprécie chaque jour quand même de la même façon et même davantage.

Y a rien de tel que d’être privé de quelque chose pour l’apprécier encore plus.

Est-ce que j’ai hâte de revoir en personne les amis. Oui. Beaucoup. La famille? Énormément. Mais pas à n’importe quel prix.

Je les aime encore plus confinés et en santé.

J’ai hâte aux soupers. J’ai hâte aux spectacles. J’ai hâte que tous ceux et celles qui ont investi temps et argent dans une entreprise puissent reprendre leur entrepreneuriat.

J’ai hâte d’être libre, mais tout ça en sécurité de corps, de cœur et d’esprit.

Je vais à l’épicerie régulièrement et je veux tout acheter tout le temps. Ça m’a jamais coûté aussi cher de bouffe en si peu de temps. J’achète des besoins que je n’ai pas et que je n’ai jamais eus.

Je pense aux personnes âgées. En fait, je n’y pense pas, ça me hante. Hante de sympathie. Les éloigner physiquement pour leur démontrer combien on les aime amoureusement. C’est de la torture. Vive la  technologie qui nous sert de béquille en attendant.

Je réfléchis beaucoup aussi. En ces temps de quarantaine, plutôt cinquantaine, c’est difficile de faire autrement. Réfléchir, c’est constructif, ça fait travailler la tête en y joignant le cœur. Sur pleins d’aspects. L’un ou l’autre l’emporte toujours. C’est émotif ou rationnel.

Je porte plus attention aux maisons devant lesquelles j’ai passé mille fois. Des terrains, des sentiers, des parcs et des jardins.

Y a pu de neige ou si peu. On redécouvre le voisinage, notre voisinage qu’on aime tant. Il se reconstruit peu à peu sous nos yeux. Celui vert et fleuri. Celui coloré avec des odeurs d’été.

Bientôt s’ajouteront j’espère celles des casse-croûtes. Y a rien de mieux qu’un comptoir trop haut avec un commis et son chapeau en papier blanc qui te demande « Qu’esse tu mets dans ton hot-dog? » pour ensuite aller attendre sur ton coin de table à pique-nique qu’on appelle ton nom beaucoup trop fort. Ça fait été, celui qu’on aime tant autrement.

Je m’ennuie de ça. De tout ça.

Je m’ennuie de ne pas vouloir mettre mes souliers pour aller porter le bac de vidanges. Je m’ennuie de me dire que je serais resté à la maison en ce vendredi matin. Je m’ennuie le dimanche de me dire : « Ah non, déjà lundi demain… »

Je m’ennuie de tout ça parce que ça voudra dire que la société sera en sécurité. Complètement? Non. Mais à ce moment ce sera à nous d’être vigilants et de faire attention. Une attention avec dorénavant la connaissance du mot confinement.

Je n’ai jamais autant roulé sous la limite permise que présentement, juste pour apprécier le temps où je ne suis pas confiné. Un parcours de 20 minutes m’en prend 40. Je me surprends à fredonner à la radio des chansons qu’autrement j’aurais changées.

Je n’ai pas hâte d’être déconfiné. Pas hâte, mais je vous veux tous d’ici là en sécurité afin qu’on puisse tous et toutes en profiter au retour. Profiter de tout ce qui nous aura d’ici là tellement manqué…

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