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L’insouciance heureuse

Les temps sont lourds, mais mon cœur est léger. Je me sens revivre dans ce ralentissement. Je me connecte à la simplicité. Je reconnecte avec toutes ces passions et ces plaisirs que j’avais dans ma jeunesse. Cette part de moi qui aimait tant la nature et qui raffolait de tout ce qui était artistique. Des petites choses bien simples qui ont pris le bord l’une après l’autre avec mon temps bien rempli et toutes ces insécurités et ces comparaisons qui ont tué à petit feu ma créativité. Avant toutes ces comparaisons, créer me permettait d’être fière de moi, de m’accomplir et d’oser exister. En me cherchant partout autour, sauf à l’intérieur de moi, j’ai éteint l’étincelle qui me faisait sentir vivante. J’avais l’impression que j’étais en constant combat avec moi-même : laisser la flamme éteinte par peur d’être jugée ou me permettre de créer et de vivre sans trop m’en demander.

Quand j’y repense, c’est fou à quel point j’ai pu chercher loin durant toutes ces années pour trouver qui je suis. Alors que dès que le temps s’arrête un court instant, la source revient comme si elle n’était jamais partie. Je suis impressionnée par ces flashbacks que j’ai de moi étant petite qui faisait exactement ce que je fais maintenant. Me voilà de retour à la case départ, une version de moi qui n’a rien d’autre comme attente que de ressentir ce sentiment de liberté intérieure si précieux, si doux.

Je me revois, toute jeune, rire aux éclats, éclaboussant tout ce qui m’entoure et sautant dans les flaques d’eau chaude d’une pluie d’été. En remettant mes grosses bottes de pluie, je retouche à ce plaisir d’aller patauger dans les flaques d’eau que laisse le fleuve à marée basse. Je m’émerveille devant la beauté des couchers de soleil qui reflète ses plus belles couleurs sur l’étendue d’eau. Je me sens reprendre vie quand je sens le soleil effleurer ma peau. Ma vie se colore par la simple vue d’un bouquet de fleurs colorées. Je retombe en amour avec le son de l’eau qui s’échoue sur la berge et le son des oies qui piaillent à quelques mètres de moi. Je me sens revivre.

Je me suis longtemps demandé où était partie cette joie légère à apprécier les petits riens. Puis, je me suis rappelé qu’elle est partie en même temps que ma spontanéité naïve. J’ai constamment cette petite voix qui me dit : « Qu’est-ce que les autres vont en penser ? » « Je ne suis pas assez bonne. » Ces dernières semaines, forcée à être enfermée chez moi, la petite voix est devenue moins forte. Les mots sont devenus plus doux envers moi-même. Laissant en arrière ces années où j’avais oublié malgré moi ces merveilleux sentiments de simplicité, de bonheur et de légèreté que les petits riens ont le don d’apporter.

C’est ainsi que j’ai renoué avec ma créativité. Je me revois, toute petite, m’amuser à faire des spectacles de danse devant ma famille. Je me rappelle aussi ces fois où je bricolais et dessinais des cadeaux pour la fête des mères ou des pères et du sentiment de fierté que je ressentais lorsque venait le temps de donner mon cadeau. Ce plaisir que je retrouve dès que je confectionne des cartes de fête, faites à l’aquarelle, à l’intérieur desquelles j’ai écrit un mot qui me remplit d’amour pour la personne à qui je vais l’offrir. Ou bien quand je danse et je chante sur ces chansons qui me font tellement de bien. Ou encore quand je laisse place à ma créativité en jouant avec les mots qui s’enfilent sur mon écran.

Mon étincelle créative reprend vie et moi aussi.

Source: Pixabay

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