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Célébrer nos défauts autant que nos qualités

Célébrer nos qualités est quelque chose d’essentiel. Mais lorsqu’on met le spotlight uniquement sur nos plus beaux atouts, nos défauts n’en paraissent que plus repoussants. Ça donne envie de les cacher dans le placard pour que personne n’y ait accès. Oui, c’est vrai qu’il faut miser sur nos points forts et qu’on aura plus de satisfaction à améliorer nos capacités qui ont déjà le vent dans les voiles, mais n’est-ce pas aussi une porte ouverte pour la recherche excessive et malsaine de la perfection?

Je ne suis pas en train de te dire que tu dois te lancer en graphisme professionnel alors que tu ne sais pas faire un bonhomme allumette. Mais rien ne t’empêche de dessiner. Je me suis longtemps trouvée nulle en dessin. Puis, j’ai eu besoin de faire de petites illustrations pour un projet personnel et on me disait que mes dessins avaient quelque chose d’intéressant. Ma mère me répétait que j’avais du talent, mais je ne voulais rien entendre. Je me trouve toujours aussi mauvaise mais j’ai décidé de continuer à dessiner malgré tout. Je me suis mise à l’aquarelle et j’adore ça. Et maintenant je mise davantage sur le plaisir que je retire du fait de créer plutôt que sur le résultat.

J’ai souvent tendance à ne remarquer que mes erreurs, au détriment de mes bons coups. Mon thérapeute m’a beaucoup répété que les premières n’annulaient pas les deuxièmes. La perfectionniste en moi a encore du mal à y arriver, mais j’apprends à lâcher prise petit à petit. La quête obsessive de la perfection peut vite alimenter l’anxiété de performance (et l’anxiété généralisée), ce qui n’a rien de positif. Il faut se libérer graduellement de notre réflexe et garder en tête que la vie est un perpétuel apprentissage. Pourquoi ne pas célébrer nos erreurs, étant donné qu’elles apportent une leçon, elles sont essentielles à notre évolution, non?

Un contexte où les défauts sont particulièrement craints et cachés est évidemment au niveau corporel. J’ai été frappée par l’entrevue de Mariana Mazza à l’émission Tout le monde en parle en février dernier. Je l’écoutais parler de ses formes, de son bourrelet qu’elle aimait et je me suis dit : Wow! Cette fille-là s’assume tellement, pourquoi je ne pourrais pas moi aussi me foutre d’avoir un ventre, des courbes et surtout, percevoir mon corps autrement que comme la société me le dicte. On a tous.tes des défauts, des imperfections corporelles. Mais est-ce qu’on peut les célébrer au lieu de vouloir les effacer, les aplatir, les camoufler? Ce n’est pas normal d’être constamment insatisfait.e de l’image qu’on projette. Il faut arriver à voir du beau dans nos défauts, c’est ce qui nous rend unique et qui fait notre monde, autrement ça serait plate.

Je veux pouvoir assumer que je suis parfois timide, que je fais des blagues au mauvais moment, que j’arrive pas à me faire un trait d’eyeliner qui se respecte, que j’ai de la misère à réconforter quelqu’un qui a de la peine et que les enfants me rendent souvent mal à l’aise, tout ça sans pression. Soyons solidaires, arrêtons d’attendre des autres et de nous-même la perfection.

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