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Déménager, comme un nouveau commencement

La saison des déménagements approche, pis à chaque fois que cet événement ne me concerne pas, j’avoue éprouver un soulagement immense. Parce que déménager, c’est un gros move pareil, peu importe si c’est ton premier ou ton huitième appart, que tu quittes enfin ta commune ou que tu emménages avec ta personne préférée.

Pour ma part, cette année sera un énorme changement puisqu’en plus de quitter Montréal, ma ville natale, pour habiter dans un village de 500 habitants, je déménage pour la première fois avec la personne que j’aime. Je suis fébrile à l’idée de vivre cette nouvelle aventure. Après seulement deux ans dans mon appartement actuel, je n’éprouve toutefois aucune nostalgie à le laisser derrière moi. D’ailleurs, j’ai rarement habité plus que deux ans sous un même toit. « Ça permet de faire le ménage de tes vieilles affaires, de trier les vêtements que tu ne mets plus depuis des mois, de vider ton congélateur, de faire changement aussi, et ça permet de ne pas t’attacher à un lieu », disait ma grand-mère, « parce que peu importe où tu habites, c’est avec qui tu l’habites, qui est important. » Soit, j’ai bougé en maudit, mais j’ai vécu les meilleures, tout comme les pires colocations. Vivre avec d’autres peut représenter tout un défi, tout comme vivre seul finalement.

Mais c’est pas ça qui m’effraie ou qui m’angoisse d’un changement de logement. Ce sont plutôt les fameux (maudits) préparatifs de déménagement. Genre les appels téléphoniques concernant les modifications d’adresse, la résiliation de contrats, l’installation de nouveau matériel, Hydro-Québec, etc. Sans oublier l’activité principale qui consiste à tout classer, ranger, organiser dans des boîtes pis vivre avec le strict minimum pendant plusieurs jours. Clairement, j’écris ces lignes, mon pouls s’accélère, je commence à transpirer, je regarde sans cesse ma fameuse to-do list pour être certaine de ne rien oublier face à cette échéance inflexible. Ouf.

boite livre personne
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Quand même, faire des boîtes, les remplir de souvenirs et les organiser selon les pièces de l’appartement représente, pour moi, l’apogée d’un déménagement : une organisation méthodique empreinte d’une douce nostalgie. En faisant le ménage de tes vieilles affaires, tu retombes malgré toi sur ta collection de journaux intimes (t’en profites pour relire un passage, tu ris, tu pleures, t’étais dont ben weird à 11 ans), une carte d’anniversaire que t’avais reçu à l’âge de 14 ans (qui contenait initialement de l’argent, alors on vérifie quand même), ton album de finissants de secondaire 5 (ayoye), des bracelets d’amitié inachevés, des accessoires de Barbie que tu refuses de jeter parce qu’ils sont trop cutes, une vieille collection de CD (curieux mélange entre Avril Lavigne, Blink-182 pis Destiny’s Child), des bébelles inutiles et des photos de gens oubliés. J’aime ressortir ces trésors enfouis, mis de côté jusqu’au prochain déménagement. J’aime redécouvrir ces petits objets qui m’ont, un jour, été très précieux. Pas capable de trop en jeter. Je dois avoir trois boîtes que je ne vide jamais, sur lesquelles il y est écrit « Souvenirs. » Peut-être un problème avec mon passé, ou je-ne-sais-quoi, à creuser.

Mais mon aspect préféré d’un déménagement reste le recommencement. Le neuf, le nouveau, l’après, l’ailleurs. Changer d’air, de couleur, de coloc, de vibe, de meuble ou de quartier, ça fait du bien. Exactement le même feeling que de commencer la rentrée scolaire avec du nouveau linge.

Bon, il est évident que la raison première du déménagement influencera l’arrivée dans ce lieu vierge de ta présence. Mais écoutes, fait jouer un CD de Céline Dion ben fort, invente-toi artiste et peint une fresque, promène-toi tout nu, fais l’amour dans chaque pièce, invite du monde, cuisine ton plat favori, pis là, tu devrais t’y sentir comme chez toi, l’atmosphère de ce lieu devrait te ressembler, te groover. J’ai sincèrement rarement eu besoin de faire toutes ces choses pour me sentir chez moi lorsque j’emménageais dans un nouvel appart, mais j’avais hâte d’exploiter toutes les possibilités que pouvait m’offrir mon nouvel environnement, que ce soit pour devenir plus autonome, pour créer des liens ou pour profiter de ce que le quartier pouvait m’offrir.

Au moment de quitter les lieux, alors que toutes les boîtes sont dans le camion, que ton beau-père a déjà fait deux aller-retours à ton nouvel appart, que le monde chiale contre le soleil de juillet, tu ne peux pas t’empêcher de prendre le temps de faire le tour des pièces vides. Tu revis un peu les moments vécus ici et là, le souper spaghetti pour la fête de untel, le verre de trop avec la coloc, les plantes vertes qui mourraient les unes après les autres, ah tiens le sous-verre que tu cherchais depuis 6 mois… Comme pour mettre fin à cette partie de ta vie et accueillir la suite. Un au revoir. Tu revis un peu le dernier épisode de la série Friends, le plus émouvant selon moi, lorsque tous les personnages remettent leur clef, qu’ils ferment ce chapitre justement, prêts pour une nouvelle aventure.

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