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La chance qu’on a

Ce matin, je suis tombée sur un texte que j’ai écrit il y a quelques semaines, un après-midi de février. En relisant mes mots, la gratitude que j’ai couchée sur papier, je me demande si j’étais véritablement consciente de la chance que j’avais cette journée-là.

Je suis au chalet. Assise dans la neige, une bière à la main. Le soleil plombe. Je regarde le ruisseau couvert de neige. Une neige blanche, immaculée. La surface est lisse, sauf aux quelques endroits où les lièvres ont laissé des traces légères avec leurs petites pattes. Le lac est complètement gelé, à l’exception d’un tout petit trou que le courant a réussi à percer. Je regarde la scène, sereine, et je réalise que je suis émue. L’eau me monte aux yeux. Est-ce que c’est parce que c’est la dernière fois que je viens ici? Je ne sais pas. Peut-être simplement parce que la beauté du paysage, malgré sa simplicité désarmante, est éblouissante? En fait, je réalise que ce qui m’émeut, c’est de prendre conscience de la chance que j’ai, de vivre ce genre de moment là. Que les petites choses, les minuscules fragments de vie qui passent presque inaperçus, sont, dans le fond, les plus beaux. Ceux qu’on doit chérir.

Trop souvent, c’est quand on perd quelque chose qu’on réalise sa valeur. Quand le cours de la vie tel qu’on le connaît reprendra. Quand tout ça sera derrière nous – parce que oui, ça va passer -, je nous souhaite sincèrement à tous de nous rappeler ce qui nous a été enlevé pendant un moment. Toutes les petites choses qui nous ont manqué. Toutes celles qui nous semblaient acquises, voire anodines. Pour réaliser finalement, toute la chance qu’on a.

Par Vanessa Migliacci

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