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Non, tu ne me sauveras pas

C’est l’histoire d’une jeune fille ultra insécure, qui rêvait au jour où elle rencontrerait enfin son prince charmant qui, dans sa tête, allait régler tous ses problèmes. Cette fille-là, c’est moi il y a très longtemps (bon, pas tant longtemps que ça, mais j’ai l’impression d’avoir vécu 3 vies différentes entre-temps…). C’est quand j’ai enfin rencontré mon prince charmant que j’ai moi-même désenchanté. Je me disais qu’en remettant l’équilibre dans mon déficit d’affection, j’allais me sentir mieux pis que ça allait être fini, mais non. Je m’excuse à cette personne à qui j’ai dû mettre une pression horrible à l’époque, du genre, « Salut, c’est toi qui vas me régler mes problèmes, je te mets maintenant ce poids sur les épaules. » (lol).

Le truc est que j’aide beaucoup les gens, pis je m’attendais à ce que les autres en fassent autant. En fait, j’ai seulement le besoin viscéral de me sentir utile pour accepter que quelqu’un puisse apprécier ma présence, parce que je ne comprends pas pourquoi on pourrait m’apprécier si je ne sers à rien. Mais, avant de comprendre ce phénomène, je me disais que mon prince charmant allait me sauver. Ensuite, j’ai travaillé sur moi, j’ai commencé une psychothérapie, pis j’ai compris que celle que je devais vraiment aider, c’était juste moi.

C’est aujourd’hui et après quelques années à travailler sur mes échecs relationnels, mon anxiété et compagnie, que je me suis rendue à l’étape où je suis vraiment mieux avec moi-même, mais tout n’est pas réglé et j’y travaille encore activement. C’est assez récemment, en essayant d’agrandir mon cercle relationnel et en rencontrant de nouvelles personnes, que j’ai une impression de déjà-vu au sens inverse; on essaie de m’aider, mais trop et sans les connaissances nécessaires sur ma personne pour bien le faire aussi. Je salue l’effort, mais c’est souvent plus offusquant qu’autre chose.

Malgré le fait que je parle très ouvertement de mon anxiété’n shit, lorsque j’essaie d’expliquer qu’une situation me rend inconfortable, mon but est seulement d’essayer de faire comprendre. Et non de me faire dire comment gérer mon anxiété pis que c’est juste dans ma tête. Oui, mon anxiété est dans ma tête et prend souvent des proportions disproportionnées, mais si ce n’était pas un problème, ça n’en serait pas un, vous comprenez?

Dans mon cas, ce n’est pas que je n’en suis pas consciente, c’est du travail actif de désensibilisation que je fais. Les gens qui me font ces commentaires ne connaissent pas le travail que je fais, ni les raisons pourquoi je le fais ainsi et souvent, ce qu’on me dit ne m’aiderait pas du tout. La seule impression que ça me donne, c’est un manque total de respect envers ce que je vis. Parce que, non, après une discussion Tinder d’une semaine, ça m’étonnerait que tu en saches assez sur moi pour mieux m’aider à gérer mon anxiété que ma psychothérapie.

Et là, je ne parle pas de témoignages. Je suis toujours à l’écoute quand les gens me parlent de leurs expériences. C’est enrichissant, on se sent moins seule et ça fait du bien aussi. Je parle de gens qui me disent quoi faire, que je devrais me pousser plus, ne pas m’inquiéter pour ça, etc. Ce n’est pas la bonne manière d’aider quelqu’un (ou peut-être que vous êtes apparus juste 10 ans trop tard ;))

BREF, si vous côtoyez quelqu’un qui a des troubles en santé mentale, l’écouter est la première aide que vous pouvez offrir. Pis si vous ne savez pas trop comment agir, mais voulez faire plus, demander à la personne directement à de bonnes chances d’être la meilleure manière de l’aider, parce que des commentaires sur comment gérer quelque chose dont vous n’avez jamais eu l’expérience à part dans vos livres de psycho de CÉGEP en sciences humaines est juste invalidant, pis vous risquez juste d’augmenter les émotions négatives de cette personne à votre égard.

Love xxx

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