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Hommage aux jours de pluie

Aujourd’hui, j’aimerais faire l’éloge des jours de pluie. J’aimerais, dans un élan romanesque, chanter la pomme à ces perles qui rendent nos journées plus grises, à ces douceurs parfois grandes et parfois timides qui dansent dans les tourbillons de la brise. Hommage à la pluie, disais-je donc, pour ces journées qui nous rendent souvent tristes, qui échappent à notre considération de la beauté. C’est qu’il nous faut peut-être sortir de notre position d’humain un peu éternellement découragé de la grisaille pour véritablement apprécier l’ingéniosité et la grande beauté des jours de pluie.

La pluie, comme les larmes, arrose les fleurs, nourrit la terre et embellit les bois. Elle fait grandir ce qui hier n’était encore qu’une petite graine. Elle donne la vie partout où elle passe. Tous sous un même ciel. La pluie, c’est la vie qui rejaillit. C’est le mécanisme par lequel ce qui était souillé revient à la terre dans une forme fraîche, purifiée, saine. Les nuages, travailleurs de l’ombre, seraient bien tristes de savoir que les jours de pluie nous paraissent maussades. La vie en rose, chantait Édith Piaf, n’est possible qu’avec une vie parsemée de pluie… et de gris. C’est une question de contraste.

Je crois que la vie renaît au moment où l’on arrête d’avoir peur d’être trempé par une averse. Le moment où l’on s’arrête, enfin, pour se demander où on court comme ça. Le jour où, comme les enfants, on prend plaisir à faire éclabousser sous nos chaussures abîmées les flaques d’eau au sol. Le moment où l’on redécouvre enfin que la pluie est source de vie. À quand remonte la dernière fois où on est sorti sous la pluie sans courir ? Je fais aujourd’hui l’éloge de la lenteur, du plaisir à redécouvrir de rester simplement immobile, le temps d’un instant, pour se laisser envelopper par ces centaines de milliers de perles qui déferlent dans tous les sens, transportées par le vent.

Apprendre à apprivoiser la pluie, c’est apprendre à aimer un peu plus la vie. À se laisser toucher par elle, doucement et enfin, pour une fois, marcher plus lentement.

Source: Unsplash

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