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Le jour où tu deviens ta priorité

J’ai longtemps accusé le monde entier pour les pots qui venaient se casser sur ma tête.

Pour tous ces gens qui avaient croisé ma route, si habiles avec le mensonge, les tromperies et les cachoteries.

J’ai longtemps été captive de mon ressenti, prise au piège de ma colère. La même colère qui, le soir venu, nous endort les poings serrés.

La colère que même le petit matin ne vient pas à bout de chasser.

J’en ai longtemps voulu à cette vie pour les fleurs laittes du tapis dans lesquelles elle me faisait sans arrêt m’enfarger.

Pour tous ces torts et préjudices qu’on m’a causés.

Pour toutes ces fois où, dans un élan de désespoir, le karma devenait mon unique et dernière arme pour qu’enfin justice soit rendue et que se dessine un sourire sur les muscles serrés de ma mâchoire.

Bercée par ces interminables nuits où la roulette de mon hamster à high spin était prête à foutre le feu au fond de ma tête.

Encore et toujours en pâture au monde.

En pâture à ce qu’on allait bien penser de moi.

Comme si je n’existais qu’en simple proie.

Je repense à toutes ces fois où je me suis mise à nue, exposant aux autres le grand tableau noir de ma vie. Et à toutes les fois où j’ai senti de la poussière de craie me filer entre les doigts face à un mur massacré de graffitis.

Qu’allait-il m’arriver maintenant ?

Qui allait me blesser maintenant ?

J’ai été esclave des autres pendant tellement d’années, si occupée à subir que je ne faisais que survivre entre deux frappes et me plaindre en redoutant le pire.

Sans jamais savourer la personne que j’étais ou pouvais être. Sans jamais savoir de quoi j’aurais l’air si je gardais mon énergie pour moi au lieu de la pitcher sur ceux qui ne me méritaient pas.

Sur tout ce qui était négatif.

Force est d’admettre que le fait de se plaindre et de sans cesse se comparer, c’est un peu comme offrir sa jugulaire aux loups en disant : «Hey toi, regarde, c’est drette là que tu dois mordre ».

Ça fait qu’un jour, j’ai changé de track. J’ai compris que j’avais le choix.

Être en guerre avec le monde entier ou être en paix avec moi-même. La décision n’a pas été vraiment dure à prendre.

Les gens ne prennent pas assez soin de toi ? Toi, prends soin de toi.

Accorde-toi de l’importance. Accorde-toi la première place, celle que tu reproches peut-être aux autres de ne pas te donner.

Et lâche enfin prise sur ce que tu ne pourras jamais contrôler.

Parce que le jour où tu deviens ta priorité, laisse-moi te dire que ce n’est pas seulement toi qui changes, c’est le monde entier.

Par Stéphanie Hébert

Source: Pexels

6 thoughts on “Le jour où tu deviens ta priorité

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