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Trente ans, sans enfant

En mars 2019, j’ai fêté mon trentième anniversaire. Cet anniversaire, je l’appréhendais depuis des mois. J’imagine que chaque personne qui est passée par là a eu les mêmes craintes.

Suis-je où je voulais être?

J’ai toujours eu de la difficulté à me projeter dans le futur. J’ai toujours eu l’impression que je ne vivrais pas vieille (ça doit être mon tempérament d’éternelle drama queen).

Je suis en couple depuis plus de 10 ans, propriétaire depuis 5 ans, j’ai un emploi stable dans mon domaine d’étude et mon mariage approche. Mais je n’ai pas d’enfant.

Je n’ai pas d’enfant et je ne sais pas si j’en veux.

Si vous saviez comment ça semble déranger les gens.

Il est immanquable que chaque personne qui croise mon chemin et qui ne m’a pas vue depuis longtemps me demande : « C’est pour quand les enfants? » Comme si la possibilité de ne pas en avoir n’en était pas une aux yeux de la société.

J’aimerais d’ailleurs faire une petite parenthèse sur cette question qui me dérange autant. Serait-il possible qu’on réfléchisse au sens de nos mots? Serait-il possible que plutôt que demander : « C’est pour quand les enfants? », on demande : « Voulez-vous des enfants? » Prenez quelques secondes pour y penser. La façon de poser cette question fait toute la différence.

Plusieurs questionnements m’amènent à me demander si oui ou non je suis fait pour avoir des enfants.

Que ce soit mon indépendance, mon manque de patience, l’avenir de notre planète, l’importance de ma vie professionnelle ou mon manque d’instinct maternel, ce sont tous des sujets qui me font me demander si j’ai vraiment envie d’être mère.

Et si je n’étais tout simplement pas fait pour être une maman. Quand j’entends les femmes de mon entourage me parler de l’appel de la nature, de cette envie viscérale qu’elles ont d’être mère depuis leur plus jeune âge, je ne me reconnais tout simplement pas.

Dans la mentalité de la société, de façon générale, une femme se doit d’avoir des enfants. Et si je choisissais de ne pas en avoir? Deviendrais-je la rebelle de service ?

Ma meilleure amie m’a déjà dit : « On ne peut pas regretter d’avoir des enfants, on peut seulement regretter de ne pas en avoir. »

Et si elle avait raison?

Il y a un côté de moi qui pense aux larmes qui me montent aux yeux quand je regarde ma filleule grandir beaucoup trop vite, le cœur qui me serre quand elle se colle la joue sur la mienne en me disant qu’elle m’aime, les moments de fou rire qu’on peut avoir toutes les deux.

Pour l’instant, même si j’ai atteint le chiffre fatidique de la trentaine, je me donne le droit de continuer à me poser des questions, à changer d’idée et à continuer d’y réfléchir.

Parce que malgré mes incertitudes, je n’ai pas pris de décision finale. Je suis convaincue que si la vie décidait qu’un enfant arrivait dans nos vies demain, nous serions emballés de devenir parents. Mais pour le moment ni moi ni lui n’avons cette envie de travailler sur ce projet parce que, parlons-en, vouloir concevoir un bébé est souvent synonyme de stress et de déception.

Pour le moment, j’ai encore envie de penser à ma carrière, à nos projets, à nous. Et si toi aussi tu te poses des questions, tu n’as pas pris de décision, sache que tu as le droit et que malgré la croyance populaire, ne pas avoir d’enfants ne fait pas de toi une personne égoïste.

Peut-être qu’un jour je serai mère, peut-être pas. Je décide de faire confiance à la vie, ça m’a plutôt bien réussi les 31 dernières années.

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