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Je suis la petite sœur

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Source: Pixabay

Je suis la petite sœur.

J’ai longtemps pesé mes mots, hésité à écrire sur ce sujet, mais aujourd’hui, j’ai envie d’écrire et de me vider le cœur.

Tout au long de mon enfance, j’ai été une petite fille studieuse, à l’écoute, gentille, une bonne fille à maman et à papa, comme on dit.

Je suis la plus jeune de ma famille, le bébé de la famille, avec cinq et huit ans de différence avec mon frère et ma sœur. Alors, vous allez comprendre que c’est quand même un brin difficile de faire sa place.

Ma sœur a toujours été très impulsive, un enfant à surveiller qui faisait beaucoup de colères, mais si intelligente. Elle savait ce qu’elle voulait dès son plus jeune âge.

Cependant, je me suis souvent mise de côté pour elle.

Ses crises à répétition m’ont rendue craintive face aux chicanes et aux conflits.

Ses humeurs changeantes et son mal-être m’empêchaient de m’épanouir à mon plein potentiel.

Sans le vouloir, je n’étais pas la priorité ; puisque je n’avais pas de « problèmes », j’avais moins d’attention.

En grandissant, j’ai appris à me débrouiller seule, à être la pour les autres, à être mature.

J’ai toujours été là pour gérer les crises de ma sœur, pour la divertir, pour qu’elle se sente bien. Sans savoir pourquoi elle était comme elle était. Ça n’a pas toujours été facile dans la famille, les sautes d’humeur, les séjours à l’hôpital, les gens qui ont voulu la sauver.

Des pensées suicidaires, une attitude négative, un mal-être et des colères soudaines.

Des années plus tard, à l’âge adulte, un mot a été mis sur ses maux : un trouble de la personnalité limite.

Selon le DSM, c’est une douleur émotionnelle, des émotions intenses, de l’impulsivité et de l’instabilité dans les relations.

J’ai dû faire le deuil d’une sœur stable et équilibrée. C’est dur de devoir lâcher prise, car la seule chose qu’on veut, c’est la voir heureuse. Personnellement, j’ai aussi touché à l’impuissance, au désespoir, à la colère et à l’incompréhension, car on ne pouvait pas la rendre heureuse comme on aurait pu.

Je l’aime malgré tout et je suis fière du parcours qu’elle a eu.

À tous ceux qui vivent avec une personne atteinte de maladie mentale, ne vous isolez pas, allez chercher de l’aide et surtout, ne prenez pas tout sur vos épaules en pensant que vous y arriverez seul.

Ma sœur, je l’aime et malgré sa différence, c’est une personne que j’admire beaucoup.

Est-ce que je dis que c’est toujours facile ? Non. Que parfois, j’ai le goût qu’elle soit comme les autres ? Bien sûr que oui.

Avec le recul, j’aime sa différence, car ma vie n’aurait pas été la même et cela ne m’aurait pas rendue aussi forte et sensible aux autres.

Je t’aime, ne l’oublie pas. Ta petite sœur va toujours être là.

Les troubles de santé mentale sont souvent tabous, souvent on les cache ou on n’en parle juste pas…

Cependant, plusieurs souffrent en silence et c’est ça qui est le plus triste. J’ai une pensée pour toutes les familles et les personnes qui vivent cela.

Vous êtes beaux, vous êtes courageux et surtout, ne perdez pas espoir.

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