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L’âge n’a pas d’importance – vraiment?


Crédit photo : Elena Koycheva pour le site Unsplash

J’avais 23 ans lorsque j’ai eu ma première expérience avec un gars plus vieux que moi. À l’époque, cela faisait quelques mois que je travaillais dans une agence de publicité : ma carrière était jeune, j’étais facilement impressionnée par les gens de l’industrie, j’étais naïve comme pas possible.

Je sortais aussi d’une longue relation – ma première. Deux ans avec mon premier copain, une relation qui a commencé en douceur, remplie d’amour, pour finalement se terminer de façon abrupte, remplie de déception.

Du haut de mes 23 ans, j’avais perdu mes repères. Je n’étais plus sur les bancs d’école. Je n’avais plus un copain vers qui me tourner quand ça filait croche. Mes amis avaient, tout comme moi, de nouveaux emplois, les rendant occupés.

Maintenant, du haut de mes presque 30 ans, je réalise qu’à ce moment-là, je m’accrochais aux choses et aux situations qui me procuraient un sentiment de sécurité, de réconfort, de repère. J’étais en quête de moments et de personnes pouvant jouer le rôle d’étoile du nord au cœur de mon nouvel environnement inconnu.

J’avais 23 ans lorsque j’ai rencontré ce gars plus vieux. Il avait 30 ans. Vite comme ça, la différence d’âge ne semble pas si grande.

Avec du recul, je réalise qu’elle était immense.

Je venais de commencer ma carrière. J’étais brisée de ma séparation. Je n’avais pas confiance en moi. Je me trouvais moche, je n’aimais pas mon corps. Je n’avais pas l’assurance et l’aplomb que j’ai développé au fil des années.

Il était établi. Il avait une carrière florissante. Il avait reçu des prix pour son travail. Il avait une confiance déroutante, intimidante, même. Il m’impressionnait de par sa prestance, son charisme, son attitude si confiante. Il savait exactement qui il était.

Notre histoire n’a pas fait long feu. Elle a duré le temps de quelques soirées, à se raconter des histoires de vie, à rire, à se découvrir. Elle a fait du bien pendant les quelques semaines qu’elle aura duré, mais sa conclusion s’est terminée en queue de poisson.

Parce que je manquais de confiance. Chaque fois que je le voyais, je me demandais ce qu’il pouvait trouver à une jeune de 23 ans fraîchement sortie de l’université. Chaque fois que je le voyais, j’étais intimidée, impressionnée par sa posture, son aplomb, ses histoires de vie.

Je l’enviais un peu, en quelque sorte. Je voulais avoir cette assurance, moi aussi.

À l’aube de mes 30 ans, je peux maintenant dire que cette assurance, je l’ai trouvée. Et j’en suis fière. Je repense à cette fille que j’étais il y a sept ans, au méchant bout de chemin qu’on a fait ensemble, à travailler sur nous-mêmes, à devenir une femme de plus en plus assumée chaque jour, à apprendre à s’accepter pleinement, avec amour. Je repense à cette fille qui disait à ses amies à l’époque que « l’âge n’a pas d’importance » pour justifier les questionnements soulevés par ses pairs à l’égard de cette relation naissante avec un gars plus vieux.

Maintenant, ayant l’âge de celui à qui je faisais des beaux yeux à l’époque, je réalise que l’âge avait de l’importance. Il était une personne réalisée : il avait sept années d’avance sur moi dans la découverte personnelle. Je ne faisais que commencer cette aventure vers l’acceptation de soi. Si cette relation s’était réellement développée, elle aurait été inégale. Elle ne m’aurait sans doute pas permis de passer autant de temps à travailler sur moi, sur la femme que je voulais devenir, sur mes objectifs de vie et de carrière.

Maintenant, du haut de mes (presque) 30 ans, je réalise que j’avais besoin de ces sept années pour apprendre à être moi-même. Pour me trouver badass. Pour avoir de cet aplomb que j’enviais à l’époque.

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