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Le jour où j’ai donné un nom à mon anxiété


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L’anxiété, incluant les troubles divers dont elle fait partie, c’est un peu comme avoir quelqu’un qui chuchote que tout ira mal en permanence dans sa tête. On s’habitue, et parfois la petite voix se fait plus discrète, mais elle ne disparaît pas vraiment. C’est tout un travail sur soi de parvenir à la faire taire. Après avoir consulté des professionnels et lu plusieurs ouvrages sur le sujet, j’ai trouvé une étrange technique qui m’aide. J’avais envie de vous la partager : donner un nom à son anxiété.

Je serai bien honnête : la première fois que j’ai lu cette technique, j’ai trouvé l’idée ridicule. Mais. Mais je me suis dit : « Pourquoi ne pas l’essayer quand même ? » Et c’est ce que j’ai fait. En gros, cette méthode consiste à donner un prénom à son anxiété.

Mon anxiété s’appelle Winston.

Il s’agit de lui dire haut et fort de se taire. Que c’est assez. Haut et fort, oui oui.

Lorsque l’anxiété est à son apogée, je le ressens comme si j’étais coincée dans ma propre tête : les pensées tournent à l’infini, les scénarios vont de pire en pire et les « et si » se mettent à gouverner mes pensées. En déclarant haut et fort, seule dans mon appartement : « Ah, Winston! C’est assez maintenant! » C’est comme si je rapportais toutes ces pensées dans le monde réel. Que je les sortais de ma tête. Je ne sais pas si vous en avez déjà fait l’expérience, mais une fois qu’on parle de nos craintes à voix haute, parfois, on se rend compte que ça sonne complètement ridicule. C’est une façon de dédramatiser, de retourner dans le monde réel alors qu’on est coincé dans sa tête. Tout le monde vit son anxiété d’une manière différente. Je décris ici comment moi je la ressens ce qui, bien sûr, n’est peut-être pas le cas de tous.

Il y a certains jours, je me lève avec une boule au ventre et je ne sais pas pourquoi. Mon anxiété me dit que quelque chose cloche, mais me laisse le soin de trouver la raison (souvent d’en inventer une parce que, finalement, tout va relativement bien). Ces matins-là, je dis : « Non, Winston, pas aujourd’hui, j’ai des choses à faire et je n’ai pas envie! » Cette affirmation, même si elle peut sembler ridicule, m’aide à commencer ma journée en imaginant que les pensées anxiogènes qui m’habitent ne m’appartiennent pas. Qu’elles appartiennent à Winston. Et il y a quelque chose d’apaisant là-dedans. Ce ne sont plus mes pensées, ces pensées anxiogènes. Je ne suis pas celle qui panique, je suis celle qui choisit de garder le contrôle. Parce que, souvent, lorsqu’on est anxieux, on sent qu’on perd le contrôle. On sait que certaines pensées sont ridicules, que nos scénarios catastrophiques ont peu de chance de se réaliser… Mais, coincé dans nos pensées, il est difficile de s’en dissocier. Donner un nom à son anxiété m’offre le luxe de m’en dissocier un instant, aussi étrange que cela puisse paraître. Ce n’est pas moi. Je n’ai pas à accepter ces idées et ces pensées comme vraies, car elles ne sont pas les miennes, ce sont celles de Winston.

La méthode paraît un peu étrange, un peu ésotérique, je vous l’accorde. Par contre, elle m’a permis de me rappeler, dans des moments moins agréables, que je ne suis pas mon anxiété. Je n’ai pas à accepter toutes ces pensées envahissantes comme vraies. Pour moi, donner un nom à mon anxiété me permet de faire cette distinction et de mettre ces crises de panique, ces moments d’inertie sur la faute de quelqu’un d’autre. Et chez certain.es, l’anxiété prend beaucoup de place et ça fait du bien de se rappeler que ce n’est pas toi. Tu es, je suis, nous sommes plus que ça. Même dans les mauvaises journées. Dans les mauvaises journées, au lieu d’être fâchée d’être comme je suis, j’envoie ch*er Winston. Ce n’est pas une solution miracle, mais ça peut aider. J’espère que ça pourra en aider certain.es comme ce fût le cas pour moi.

*Je ne suis pas une professionnelle de la santé. Cet article est basé sur mon expérience et mes lectures, mais ne contient pas un avis de professionnel.

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