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A-t-on raison d’être féministe en 2020?

féminisme, 2020
Source : Pixabay

Je ne sais pas quand c’est devenu tabou d’être féministe… C’est moi ou c’est out de le dire ailleurs qu’à la FabCrep? Être féministe est maintenant associé à un concept péjoratif, alors que c’est toujours important de s’affirmer. Pour ceux et celles qui doutent de l’importance du féminisme, j’espère vous inviter à la réflexion.

Non, je ne suis pas lesbienne, non, je ne ressemble pas à un gars. Non, je ne vais pas être insultée si un homme m’ouvre la porte dans un lieu public. Non, je ne fais pas partie de celles qui ont choisi de manifester dans les rues. Ok, j’arrête de lister tous les stéréotypes associés au mot féministe, mais pourquoi devrait-on l’être en 2020?

Ce n’est plus une question de droit de vote. Dans cet article, on rappelle que ce droit a été accordé parce que nos grands-mères l’ont fait valoir. Ne pas s’affirmer parce qu’on a peur d’être jugée banalise les efforts qui ont été faits par nos grands-mères et arrière-grand-mères il y a de ça 80 ans.

Être féministe en 2020, ça veut dire dénoncer les agressions sexuelles, et qu’elles ne soient plus signées par des anonymes un jour. Une agression n’est pas toujours un viol. Recevoir des avances de son boss, ça existe encore et ça ne doit pas passer sous silence par peur de se faire traiter de féministe.

Oui, y’a des femmes en politique. Ça aussi, c’est le résultat du travail des femmes avant nous ; mais on n’a pas encore atteint l’équité. Netflix a récemment publié un documentaire sur Hillary Clinton qui démontre qu’il y a toujours des inégalités. C’est arrivé en 1992, pas en 1942.

Être féministe en 2020, c’est refuser de recevoir des photos de pénis de la part des gars rencontrés en ligne. Ce n’est pas parce que plusieurs le font que c’est acceptable : tu as le droit de dire que ça te dérange.

Oui, on a beaucoup de chemin de fait. Ma mère a fait une belle carrière, gagne son argent et ne sera pas sans le sous si elle divorce. Il faut se rappeler que sa mère, Madame Philippe Barrette (et non Jacqueline Brisson), aurait été à la rue avec ses enfants si elle ne s’était pas trouvé un deuxième mari. Pour reprendre les propos de ma mère : « Nous, on devait être des super-women. » En 1990, une femme, c’était une mère en charge des enfants, qui excelle dans sa carrière, tout en faisant les tâches ménagères et la cuisine. On y arrive : le partage des tâches ménagères et de la préparation de la bouffe est maintenant fréquent. Mais dans plusieurs familles, encore en 2020, on attribue encore à la femme la responsabilité de s’occuper de la maison et des enfants. Tsé, le phénomène de la charge mentale?

Être féministe, ce n’est pas être contre les hommes. Être féministe, ce n’est pas être frustrée. Être féministe, c’est affirmer qu’on a droit au respect. J’arrêterai d’être féministe quand, pour citer Mariana Mazza en 2016, on ne dira plus : « T’es vraiment bonne, pour une fille. »

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